Les déferlantes de Claudie Gallay

Éditions J'ai Lu, 539 pages, 8 euros

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A la suite du décès de son compagnon, une femme (la narratrice de l'histoire) quitte sa vie passée, ses amis, sa profession … pour se réfugier à La Hague. Elle gagne sa vie en observant les oiseaux et habite dans une maison sinistre battue par les flots. Au bout de quelques mois, elle semble acceptée par les quelques « locaux » qui partagent son bout de Cotentin.

Le retour au pays d'un des leurs (le bel et mystérieux Lambert) va mettre à jour quelques-uns des (noirs) secrets dont regorgent les placards de ces « locaux » et que la narratrice n'aura de cesse de découvrir (obsession qui paraît assez curieuse au lecteur et que l'auteur explique fort maladroitement par un passé d'orpheline).

J'ai été globalement déçue par ce roman : une intrigue bien mince (devinée assez tôt dans l'histoire) diluée sur 600 (longues) pages et dont la noirceur annoncée n'arrive finalement jamais.

Il y a certes une jolie galerie de « personnages » : la tenancière chaleureuse mais qui cache une fêlure sous sa grande gueule, l'artiste tourmenté qui entretient une relation ambiguë avec sa sensuelle de sœur, l'idiot du village avec son potentiel de dangerosité, les aïeules à moitié folles de haine …

Bref, tous les éléments étaient présents pour faire de ce roman un véritable drame antique (à l'image de Au soleil de Scorta de Laurent Gaudé) et pourtant … Et pourtant, je suis restée sur ma faim. L'émotion ne fut pas au rendez-vous : les mamies se déplaçant en déambulateur ne sont franchement pas crédibles en amoureuses déchaînées, l'idiot libidineux n'est finalement pas dangereux et la narratrice finira évidemment avec le beau Lambert.

Malgré tout, c'est surtout l'évocation de la Nature (la Mer, la lande) qui frappe dans ce roman. Sous la plume de Claudie Gallay, elle devient un personnage à part entière qui, celui-ci, ne déçoit pas : naufrages, orages, drames … Une atmosphère pesante et âpre ...

A lire en vacances, pour se détendre sans se prendre la tête …