9782020238113Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez

Points, 1968, 436 pages

Monument de la littérature sud-américaine, œuvre emblématique du colombien Gabriel Garcia MARQUEZ (Prix Nobel de littérature en 1982 et inventeur du « réalisme magique »), Cent de solitude n'est plus à présenter.

Il s'agit de l'histoire d'une famille, les Buendia, que l'on suit sur plusieurs générations (100 ans ?). Les patriarches, José Arcadio et Ursula fondent le village de Macondo à une époque reculée (estimée entre le XVIIIème et le XIXème) où ils élèvent fils et filles qui eux-mêmes engendreront une nombreuse progéniture (légitime ou non) qui porteront tous les doux noms de José / Arcadio / Auréliano (pour les mâles) et Amaranta / Ursula / Remedios (pour les filles).

Bien qu'industrieuse et quasi autarcique, la vie à Macondo est heureuse et la magie (tapis volant, fantômes …) côtoie le réel, laquelle disparaît cependant à mesure que la modernité transforme le petit village du début en ville desservie par le chemin de fer. En effet, la prospérité et l'état de grâce primitif dont bénéficient Macondo et ses habitants ne résistent pas au Temps qui passe : les guerres civiles, les manœuvres politiques, les épidémies, l'exploitation de la forêt et de ses ressources par des hommes d'affaire sans scrupules et enfin le déluge conduisent progressivement au dépérissement et à la disparition de Macondo …

Au milieu de cela, les Buendia vivent (rarement heureux) victimes d'une sorte de malédiction qui plane sur les membres de la famille : malgré une virilité et un appétit sexuel très développés chez les mâles Buendia, ils sont condamnés à voir leur lignée s'éteindre avec la naissance d'un bébé avec une queue de cochon (causée par l'inceste …).

« l'homme vertueux qui restaurerait le prestige de la famille, un homme qui n'aurait jamais entendu parler de la guerre, ni des coqs de combats, des femmes de mauvaise vie, des entreprises délirantes, ces quatre calamités qui, d'après Ursula, avaient entraîné la décadence de la lignée » [n'est jamais né] (page 202)


Mon avis :

La narration est plaisante, pleine d'inventions amusantes et des passages franchement écoeurants (la mort en couches de Remedios, encore enfant sur laquelle Auréliano Buendia fixe une obsession déplacée ou encore la tragique fin du fils de Ursula Amaranta, dévoré par des fourmis rouges …). Néanmoins, j'ai été lassée par les répétitions qui émaillent les vies successives des différents enfants.

A lire pour retrouver le charme de suivre des générations d'une même famille sous un climat ensoleillé : Le Soleil des Sorta (Gaudé) ou encore Le Guépard (Guiseppe Tomasi di Lampedusa)