Souvenirs de l'exode du LOUVRE (1940 – 1945) de Germain BAZIN

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138 pages

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Germain BAZIN fut officier de réserve et conservateur adjoint du musée du LOUVRE. Il fait parti des hommes (et femmes) responsables de l'évacuation des chefs d'œuvre français en zone libre après l'armistice signée par PETAIN en 1940 afin de les protéger de l'avidité nazie (et des bombardements).

Attention, les mémoires de cet homme lettré et profondément républicain ne renferment aucune anecdote 'croustillante' sur d'hypothétiques corps-à-corps avec des officiers allemands pour sauver la Joconde ou la Tapisserie de Bayeux ! Germain BAZIN ne fut jamais résistant mais un fonctionnaire qui effectua consciencieusement (et avec conviction) sa tâche de protection de l'art et du patrimoine français. Et c'est passionnant !

Une première partie de ce témoignage raconte comment dès 1936, un plan d'évacuation général des chefs d'œuvre des Musées Nationaux (peintures, sculptures, archives …) est prévu. Ainsi, pendant l'Occupation, « le département des Peintures du LOUVRE se trouvait réparti en 2 ensembles : les chefs-d'œuvre étaient dans le Midi, le reste (environ 700 tableaux) dispersé dans la Sarthe, avec les grands tableaux à SOURCHES. » (p. 24)

Et oui ! Ce n'est pas un mythe : la Joconde, les Noces de CANA, des LE BRUN et autres BOUCHER ont voyagé partout en France pendant la Guerre où les châteaux de province leur ont servi de refuges sûrs. Germain BAZIN utilise une jolie formule en parlant « d'automne de la châtellenie en France » (p. 32).

Germain BAZIN est chargé du dépôt de SOURCHES : il doit transporter d'immenses toiles à travers la FRANCE en exode, s'assurer de leur conservation adéquate dans les caves du château (humidité, chaleur, pompes à eau en cas d'incendie …) et remplir des masses de paperasse à leur sujet (Loin d'être une action violente, revendicatrice, cette protection relève de la bureaucratie … et le ton du témoignage est assez posé, sans vraiment d'émotion comme pourrait le suggérer l'époque)

Une seconde partie de ces Mémoires est plus fastidieuse à lire (et à comprendre) où Germain BAZIN explique comment Jacques JAUJARD (alors directeur des Musées Nationaux) et ses hommes négociaient avec les allemands pour conserver ces trésors en France et éviter qu'ils ne soient saisis par les Nazis, quelles ruses ils ont employé pour sauvegarder les chefs d'œuvre de collectionneurs juifs menacés de déportation …

Enfin, le récit est illustré de photos en noir et blanc, montrant certaines œuvres actuellement au LOUVRE dans des situations assez cocasses.

A lire pour découvrir une période de l'Histoire du Patrimoine français assez méconnue, pourtant passionnante … et très mouvementée : NON ! L'Histoire de l'art n'est pas une [science] poussiéreuse et inerte !