9782742796755_entre_dieu_et_moi_cest_fini__bab_1050Entre Dieu et moi, c'est fini de Katarina Mazetti

traduit du suédois

Babel / mars 2011

136 pages / 6,50 euros

 

(attention, cet article dévoile une partie de l'intrigue qu'il serait dommage de connaître avant la lecture !)

J'ai dévoré ce tout petit roman (dont l'auteur n'est autre que Katarina Mazetti, 'maman' de l'excellent La Tombe du Mec d'à côté) en passant du rire aux larmes !

C'est l'histoire douce – amère d'une adolescence suédoise. LINNEA revient sur l'année (mois par mois) précédant la disparition de sa meilleure amie, PIA, parce que selon sa grand-mère : « il faut se souvenir pour oublier ».

Et LINNEA se souvient : sa rencontre avec PIA, pendant un cours de gym où elles sympathisent grâce à leur grande taille (autour du mètre 80 !), leurs discutions interminables sur les cours & les profs (le chapitre autour du prof de SVT surnommé le 'tueur à la hache' hilarant !), les garçons (et Markus, si beau, si inaccessible), les filles pimbêches jalouses de leur amitié, Dieu, leurs pères absents, la vie dans leur petite ville de la province de Stockholm …

Pourtant, LINNEA et PIA sont différentes : LINNEA cherche sa place, doute mais n'attend qu'une chose : que le monde s'ouvre bientôt à elle, tandis que PIA fonce tête baissée, croque la vie à pleine dents. Bref, c'est le 'petit grain de folie' qui chamboule la vie de LINNEA. Alors, comment faire quand celle-ci disparaît ?

Réflexion autour du deuil, de la perte d'un proche, l'écriture de Katarina Mazetti est (encore une fois) sensible et juste, cynique et drôle (ô combien drôle ! malgré le sujet délicat du suicide des adolescents !).

Sur ce thème difficile, à conseiller aux ados qui ont aimé 13 Raisons de Jay Asher (Albin Michel / WIZ / 2010) pour leur montrer qu'il n'est pas besoin de ressorts extérieurs (et grand guignolesques & dramatiques : les K7 envoyées par Hannah après sa mort) pour réaliser un récit émouvant.

J'ai hâte que BABEL édite les 2 autres volumes en poche pour savoir comment va évoluer LINNEA !

Critique complète de 13 Raisons chez Milady

Également sur le même thème :

L'Ombre d'Adrien (Cathy Ytak) et Virgin Suicides (Jeffrey Eugenides)

 Et voici une petite touche d'humour noir dont le livre regorge pour clore cette note :

« Donc, je me trouvais plantée là en train de triturer un trou dans mon pull, essayant de me consoler en m'imaginant un enterrement dans lequel je jouerais le rôle d'une morte magnifique. Et toute la classe serait venue et aurait pleuré jusqu'à ce que la morve leur coule dans la bouche – tout ce qu'on s'imagine d'habitude, tu me comprends sans doute, tu l'as peut-être déjà rêvé toi-même » (page 36)