La fin justifie les moyens de ANNE PERRYla-fin-justifie-les-moyens

(Les enquêtes de William MONK n°17)

10/18 - Grands détectives

Mai 2011 / 413 pages / 8,20 euros

Dire que j'aime la série « WILLIAM MONK » d'ANNE PERRY d'amour serait peu dire. Fut un temps où j'attendais chaque nouvelle parution avec autant d'impatience que les Harry Potter ! Avec le temps, mon intérêt ne s'est JAMAIS émoussé (même si d'une nouvelle enquête tous les 6 mois A. PERRY est passée à une enquête tous les 3 ans. Dur, dur !).

La Fin Justifie les Moyens débute quelques semaines après le tome précédant (il peut être lu indépendamment, comme chaque enquête d'A. PERRY, mais il est préférable d'en respecter l'ordre chronologique). Encore une fois, il plonge MONK (chef de la brigade fluviale de LONDRES) et l'infirmière HESTER LATTERLY dans les bas-fonds de l'époque victorienne. Amené à enquêter sur la prostitution et l'assassinat d'enfants, le couple découvre les ramifications complexes de ce trafic : chantage auprès d'hommes riches & influents, corruption, abus de pouvoir … MONK fermerait bien les yeux sur le meurtre de Mickey Parfitt, proxénète et maître chanteur, mais comment découvrir l'identité de son bailleur de fonds, tout aussi coupable ? Voilà un dilemme moral de plus pour ce policier pas comme les autres ! En outre, le beau-père d'OLIVER RATHBONE, ami proche de MONK, semble être l'instigateur de ce réseau … Le dénouement, particulièrement noir & retors, sera révélé au tribunal dans un procès plein de rebondissements.

Quelques raisons de craquer pour la série « WILLIAM MONK » :

ANNE PERRY est une valeur sûre. Célèbre auteur britannique, ses romans policiers historiques se vendent comme des petits pains partout dans le monde. Et jusqu'ici (excepté avec les Histoires de Noël) je n'ai JAMAIS été déçue. Dans la série « William MONK » elle met en scène plusieurs personnages récurrents dont la psychologie & les liens interpersonnels ne cessent de se développer, de manière toujours très cohérente et étoffant les enquêtes.

WILLIAM MONK est un héros victorien dans l'âme. Torturé, ambigu MAIS intègre & droit jusqu'à l'intransigeance, c'est un personnage passionnant et que j'aime d'amour ! DansUn étranger dans le miroir (1990, 1er opus de la série), il découvre qu'il a perdu la mémoire. Rongé par la culpabilité, il apprend progressivement qu'il était un homme seul, détesté, rongé par l'ambition (au point d'abandonner sa famille trop modeste et de détruire la carrière d'un ami). C'est un homme dans lequel il ne se reconnaît plus & dont les erreurs passées réapparaissent régulièrement qu'il doit assumer et qui le fragilisent (& le rendent humain). Physiquement, il est décrit comme un homme très séduisant, qui plait aux femmes (et qui aime les belles femmes !) et excessivement soucieux de son apparence (il ne porte que des vêtements couteux). D'abord détective privé (il deviendra ensuite policier), il est plus intelligent que la moyenne & sa pugnacité lui permet de résoudre des énigmes très complexes.

HESTER LATTERLY est une femme moderne en avance sur son époque. Forte & fragile à la fois. Contrairement à MONK, elle est issue de la bonne société londonienne : âgée d'une vingtaine d'années, elle part en Crimée aux côtés de l'infirmière Florence Nightingale, soigner les soldats de la Couronne. Lorsqu'elle revient en Angleterre, ses parents étant morts & déshonorés, elle devient infirmière à domicile pour de riches particuliers qui ne manquent pas de lui rappeler sa position d'infériorité. Plus tard, HESTER dirige une clinique pour femmes de la rue (prostituées, pauvres …). Intelligente, impulsive, impétueuse, peu soucieuse des apparences, en lutte permanente contre l'injustice … elle agace autant qu'elle charme MONK qui dit préférer les femmes douces aux 'hystériques' de la trempe d'HESTER. Il fera cependant appel à ses talents pour résoudre des enquêtes. Leurs disputes sont savoureuses (& mes moments préférés des romans !) autant que leur entente cordiale pour la Justice. Le triangle amoureux (MONK / HESTER / OLIVER) qui parcourt les romans ajoute du piment aux intrigues.

Chaque enquête de la série bouscule les codes de la bienséance victorienne & dévoile l'obscur, le sombre derrière le vernis des convenances. A. PERRY, à l'image de son héroïne HESTER, ne fait pas de concessions et n'hésite pas à imaginer des crimes proprement horribles. En outre, chaque enquête est l'occasion pour l'auteur de faire un 'tour d'horizon' des transformations du Londres des années 1875 – 1880 : mines, construction des voies de chemins de fer, mutations économiques des Docks, assainissement des égouts … encrant ses histoires dans un contexte historique documenté. Enfin, elle parvient à rendre passionnantes des scènes de procès qui ressemblent à des duels notamment avec le personnage admirable de OLIVER RATHBONE, meilleur avocat de Londres.

 

Mon ‘top 3’ de la série reste toujours :

1 – La Marque de Caïn (t. 5 mais le 1er Anne Perry que j’ai lu)

2 – Mariage Impossible (t. 8 pour la meilleure histoire parmi toutes)

3 – Des âmes noires (t. 4 pour l’intrigue qui tourne autour du personnage de Hester)