du-sang-sur-la-soieDu Sang sur la soie de ANNE PERRY

Traduit de l'anglais (Jean-Charles Provost)

10/18 (grands formats) / octobre 2010

749 pages / 21,90 euros

 

Lu dans le cadre du MOIS ANGLAIS, organisé par LOU, TITINE et 71071378_pCRYSSILDA.

 

Du Sang sur la soie aurait pu être un roman historique haletant, une fresque épique et passionnée mettant en scène des personnages ambigus déchirés entre l'Orient et l'Occident. J'y ai cru 30 pages … avant de m'ennuyer ferme !

70 ans après le sac de Constantinople par les Croisés (en 1208), la capitale de l'Empire byzantin est à nouveau menacée. A l'Est, l'Islam ne cesse de progresser. A l'Ouest, la chrétienté romaine & le Pape souhaitent ramener les orthodoxes dans le giron de la vraie foi (latine, évidemment) mais également faire main basse sur les richesses de la ville et ouvrir la route vers Jérusalem. En outre, Constantinople est dévorée de l'intérieur par les rivalités entre grandes familles de patriciens, évêques, successeurs impériaux … qui ne cessent de fomenter complots, empoisonnements, vengeances … ANNE PERRY nous invite à suivre les pas d'Anna Lascaris, jeune médecin obsédée par la disgrâce de son frère jumeau, Justinien. Pourquoi a-t-il été accusé de meurtre ? Afin de pouvoir enquêter, Anne se fait passer pour un eunuque et est bientôt introduite dans les hautes sphères de la société byzantine. Petit-à-petit, elle remonte la piste du complot qui causa la perte de son frère … Sa route croise des étrangers : l'émissaire du doge vénitien, Guiliano Dandolo et le légat du pape, Enrico Palombara.

Aïe aïe aïe ! Que c'est long ! J'aime beaucoup ANNE PERRY lorsqu'elle écrit sur l'époque victorienne mais cette incursion dans l'histoire médiévale est catastrophique. A partir de la 400ème page environ, j'ai terminé ma lecture en pointillés. D'abord, l'impression que les péripéties des personnages ne sont qu'un prétexte à ANNE PERRY pour évoquer l'Histoire et la splendeur de Constantinople, de Venise ou de la Sicile médiévales. Les personnages ne sont pas très intéressants et ANNE PERRY n'exploite pas le travestissement de son héroïne comme on pourrait s'y attendre. Les hommes ne cessent de s'interroger sur leur foi, la religion et les mêmes questions « l'union entre l'Église d'Occident et l'Église d'Orient doit-elle se faire ? Constantinople doit-elle abdiquer sa foi au profit de celle de Rome ou au contraire, risquer d'être la cible d'une nouvelle et destructrice Croisade ? » reviennent à peu près à chaque page. Usant. Pareil pour la réflexion autour des eunuques sur lesquels ANNE PERRY brode l'agaçant couplet 'ni homme ni femme, ils souffrent d'être incomplets et bla et bla …' Assommant.

Bref ! Aucun souffle épique ne traverse ce roman interminable où les assassinats et trahisons s'enchainent, donnant pourtant l'impression qu'il ne se passe strictement rien.

Si vous voulez découvrir ANNE PERRY dans une enquête passionnante, je vous invite à lire cette note sur sa série autour de WILLIAM MONK.

Si vous voulez être envouté par le charme oriental et cosmopolite de Constantinople, je vous invite à lire Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard.