l'interprétation des meurtresL'Interprétation des meurtres de Jed Rubenfeld

Traduit de l'anglais (États-Unis)

Pocket / 2009 / 503 pages / 8,10 euros

J'aime les romans policiers historiques. C'est pourquoi me suis-je immédiatement laissée tenter par L'Interprétation des meurtres dont le postulat de départ était particulièrement alléchant : en 1909, Freud se rend aux États-Unis pour donner une série de conférences et présenter ses théories aux habitants du Nouveau Monde. Jed Rubenfeld brode autour de ce fait historique connu une intrigue policière mâtinée de psychanalyse, de digressions sur la genèse de l'architecture new-yorkaise (mais il avoue prendre de grandes libertés !) et de pseudo-érotisme (aussi fin qu'un Marquis de Sade au rabais !). Ah ! Et il décortique Hamlet, obsession de son héros.

Bref ! Vous l'aurez compris, L'Interprétation des meurtres est un roman décevant, un de ceux qu'on achève sur un 'bof' indifférent avec l'impression d'avoir perdu son temps, un roman foncièrement opportuniste (Freud, Jung, New York, un meurtre : voilà qui est bien accrocheur et à la mode !) mais pas du tout à la hauteur de ses ambitions ni particulièrement bien écrit (je n'ai pas compris toute la fin … mais peut-être suis-je obtuse ?). Surtout, j'ai détesté la complaisante description des violences faites aux jeunes victimes qui semblent par ailleurs fort compatissantes ! Conséquence : toute tension due aux crimes est évacuée, on n'y croit pas une seconde.

Seul point positif, cette lecture permet de (re)contextualiser la réception des théories sexuelles de Freud (l'œdipe notamment) aujourd'hui largement acceptées mais qui furent longtemps considérées tabous voire 'dégénérées'.

Sinon, si vous voulez vous délasser pendant les vacances avec un bon polar, je vous conseille un autre titre de chez Pocket : L'Aliéniste de Caleb Carr (New York, XIXème siècle, débuts du profilage psychologique des tueurs, intrigue formidable et terrible mais une réussite absolue contrairement au roman de Jed Rubenfeld) !