mr kidder

Le Mystérieux Mr Kidder de Joyce Carol Oates

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) : A Fair Maiden

Philippe Rey / 2013 / 235 pages / 17 euros

Nounou de 16 ans pour une famille de riches parvenus imbuvables, Katya Spivak s'ennuie. Aussi, lorsqu'un vieux beau l’entreprend devant la vitrine d'un magasin de lingerie, Katya se laisse courtiser. « Car Katya voulait être aimée, elle avait cette faiblesse : elle voulait désespérément être aimée, même par les gens qui lui déplaisaient » (page 165). Si Katya n'est certes pas une oie blanche, Mr Kidder est un artiste au comportement bien ambigu … Lequel sera nuisible pour l'autre ?

Roman court ou longue nouvelle ? Difficile à dire mais c'est un texte qui souffre d'un manque d'originalité par rapport à l’œuvre de JCO (j'ai notamment pensé très fort à La Fille tatouée). Conte de fée moderne ? Ou peinture décadente et désillusionnée de notre société ? Le thème de l'amour impossible est récurent chez JCO et les personnages ne sont pas attachants : Katya confond amour et argent et Mr Kidder semble bien malsain. Évidemment, le dénouement est tragique. Bref ! Une déception.

 

 

pépins de pommes

Le Goût des pépins de pomme de Katharina Hagena

Traduit de l'allemand (Des Geschmack von Apfelkernen)

Livre de Poche / 2011 / 285 pages / 6,60 euros

Je m'attendais à un livre proche du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Du coup, j'ai été étonnée par le ton nostalgique de celui-ci. Il s'agit d'une évocation très tendre d'une maison de famille dont hérite l'héroïne, Iris. Cependant, les descriptions bucoliques de la campagne allemande laissent progressivement apparaître la noirceur de secrets de famille. « Une certaine disposition à l'oubli n'était pas étrangère à notre famille » (page 126). Plus qu'un roman, Le goût des pépins de pomme est une atmosphère, un jardin, un retour à la Nature comme on aimerait en connaître. Il s'agit d'un best seller dont j'avais lu énormément de bien. Personnellement, j'ai quelques réserves : des longueurs, des personnages pas suffisamment fouillés, une certaine naïveté …

 

 

les séparées

Les Séparées de Kéthévane Davrichewy

10/18 (2013) / 163 pages / 6,60 euros

Il me semble que tout a déjà été dit sur ce joli roman d'amitié qui tourne à la haine. Alice est d'origine arménienne et vient d'une famille unie. Cécile tente de s'épanouir dans un environnement dysfonctionnel. Alice et Cécile sont amies intimes et partagent tout. Devenues adultes, elles refusent de se parler. Pourquoi ? Je craignais une querelle idiote à propos d'un homme mais c'est beaucoup plus complexe. Les chapitres alternent les époques et les points de vue et progressivement, on comprend … J'ai aimé ce livre qui commence par nous replonger dans l'ambiance des années 80 et la victoire de Mitterrand. J'ai moins aimé la fin, incompréhensible selon moi et au goût d'inachevé.

 

Pour conclure, c'est un petit goût de déception qui me reste à l'écriture de ce billet. J'avais choisi ces romans en pensant qu'il s'agissait de 'valeurs sûres' que j'aimerais forcément … Pourtant, aucun coup de cœur ! Heureusement que j'ai passé des heures d'absolu bonheur avec mes 2 pavés de l'été (dont je vous parlerais bientôt) …