trone de fer 2

Le Trône de fer, l'intégrale 2 de George R.R. Martin

traduit de l'américain par Jean Sola (Games of Thrones)

J'ai lu (2009) / 954 pages / 17 euros

Et voilà le 1er pavé qui a comblé de joie mon été : Trône de fer dont j'avais déjà lu le 1er tome l'année dernière. Cette seconde intégrale contient : La Bataille des rois / L'ombre maléfique / L'invincible forteresse. Je suis en parallèle l'excellente série de HBO, mais j'ai une large préférence pour les romans de George R.R. Martin dont la série est adaptée.

On retrouve dans ces 1000 pages les mêmes ingrédients que précédemment : une langue délicieusement médiévale (et crue), des batailles sanglantes, des complots tordues, des trahisons … Les viols et autres tortures sont monnaie courante dans Westeros mis à feu et à sang par les quatre rois qui se disputent le Trône de fer. Globalement, les hommes (quelque soit leur camp) sont des salauds guerriers impitoyables et seuls les enfants et leur innocence (pourtant piétinée) rattrapent un roman très sombre.

Ce volume est dominé par les vagabondages erratiques de la petite Arya Stark qui tente de rentrer à Winterfell. Qui se berce chaque soir en se récitant (*douce enfant !*) la liste des hommes et femmes qu'elle veut tuer. Cette petite est un concentré de haine et de désir de vengeance. Quelle évolution pour elle ? Heureusement elle a un allié, le mystérieux Jaqen : « S'il arrive un jour que tu souhaites me retrouver, donne cette pièce à n'importe quel homme de Braavos en lui disant ces simples mots : 'valar morghulis'» (p. 680). Valar morghulis se traduisant par « tout homme doit tôt ou tard mourir ».

On fait également connaissance avec 2 nouveaux personnages hors norme. D'abord Theon Greyjoy, ex-otage/pupille de Ned Stark (donc élevé pendant 10 ans à Winterfell), qui est incroyable de bêtise, d'ingratitude et de veulerie. Pourtant, il a un bon fond mais ses décisions se retournent systématiquement contre lui ! Bref, il a toujours tout faux … J'hésite encore entre le détester, le plaindre ou le moquer.

Ensuite George R.R. Martin nous sert sur un plateau doré une femme exceptionnelle : Brienne de Troth, chevalier féministe et pourtant fleur bleu ! « - Combattre vaut mieux qu'attendre, lâcha Brienne. On n'éprouve pas pareil dénuement pendant qu'on se bat. On possède un cheval, une épée. Et l'on se sent invulnérable, une fois revêtue l'armure. - Des chevaliers meurent dans la mêlée », rappela Catelyn. Le magnifique regard bleu la dévisagea. « - Comme des dames dans l'enfantement. Nul ne chante jamais de chanson sur elles. » (p. 642). Je suis conquise !

Globalement, les personnages déjà connus, les Stark et les Lannister (*toujours mes préférés ceux-là*) gagnent en profondeur par rapport à la série. C'est particulièrement flagrant avec Catelyn Stark (qui m'insupporte dans la série tant elle est rabat-joie) mais dont on comprend mieux les motivations dans le roman : c'est une mère désespérée.

Autre chose que j'aime beaucoup, c'est la confrontation entre Lady Catelyn et Jaime Lannister (emprisonné dans un donjon de Vivesaigues, il est complètement tenu à l'écart des événements). Il donne une leçon magistrale à Catelyn qui ose l'appeler Régicide. Et Jaime de lui rétorquer : « et ce 'bon' roi que j'ai zigouillé, m'dame, il a fait quoi à votre beau-père et beau-frère ? ». Je ne dévoilerais pas les morts atroces de Rickard et Brandon Stark mais c'est tellement dégueu, que Jaime fut obliger de penser à sa jolie sœur pour ne pas rendre tripes et boyaux … Assassiner un psychopathe sanguinaire est-ce une faute inexpiable malgré les serments d’allégeance donnés ? J'ai trouvé toute cette discussion vraiment passionnante. Jaime Lannister est flamboyant, orgueilleux mais touchant. J'ai hâte qu'il prenne la parole.

Contrairement à [presque ?] tous les adeptes de GoT, j'aime bien Sansa Stark. Un peu de sensibilité dans un monde de brutes, ça apaise … La demoiselle grandit dans la terreur de Joffrey-le-psychopathe et bien qu'elle porte de jolies robes à Port Réal, ce n'est pas une sinécure. J'aime bien sa bravoure lors du siège de la capitale et la perte de ses illusions sur l'idéal chevaleresque. Il faut dire qu'avec un ivrogne (Dontos) et un sanguinaire (Clégane) aussi laids l'un que l'autre, le 'petit oiseau' n'est pas gâté !

J'achève ma lecture avec énormément de questions (qui ne trouvent évidemment pas de réponses dans la saison 3) :

Qui a voulu éliminer Tyrion lors de la bataille de Port Réal ? (pas Cersei je pense. Tywin ?)

Qui est la mère de Jon Snow ? (et, question corollaire : va-t-on le savoir un jour ?) ? Est-il un zoman ?

Qui a essayé de poignarder Bran après sa chute à Winterfell ? (puisque apparemment ce n'est ni Jaime ni Cersei ?)

La parure d'améthystes noires d'Asshai que Dontas offre à Sansa m'interpelle et surtout son explication enigmatique : « c'est la justice que vous tenez là. C'est la vengeance de votre père […] c'est le chez moi que vous désiriez » (p. 901).

Enfin , j’échafaude toutes sortes d'hypothèses concernant les 3 trahisons annoncé par les conjurateurs à Daenerys : « l'une pour le sang, l'autre pour l'or, et l'une pour l'amour ». Or je n'oublie pas que Ser Jorah Mormont fut dépêché auprès des enfants Targaryen par l'Usurpateur (Robert Barathéon) …

Et vous, aimez-vous la série ? Avez-vous lu les livres ? Êtes-vous plutôt Stark ou Lannister ?