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Petites scènes capitales de Sylvie Germain

Albin Michel (aout 2013) / 246 pages / 19 euros

Autant j'avais aimé Magnus (prix Goncourt des lycéens en 2005), autant je suis réservée concernant le nouveau roman de Sylvie Germain.

Dans ce roman, qui commence dans l'immédiate après guerre, il y a 49 « petites scènes capitales », 49 moments clés de la vie de Lili, racontés en 49 courts chapitres. « Plaquée par sa mère à l'âge de 11 mois », Lili vit avec son père jusqu'à son remariage avec une mannequin parisienne. Commence l'adolescence où Lili « la discrète » souffre de la rivalité avec ses demi frère et sœurs. A la suite d'un drame, la belle unité de la famille bourgeoise recomposée vole en éclat et chacun tente de continuer comme il peut. 

Petites scènes capitales est un roman sur la famille, le besoin de reconnaissance des enfants par leurs parents et la quête d'identité. Sylvie Germain dresse le portrait d'une famille (et d'une époque) où les parents « discutaient beaucoup, mais entre eux, entre adultes, et peu avec leurs enfants […]; on n'entrait pas dans les coulisses des consciences des uns des autres » (page 232). J'ai été frappée par le manque de tendresse de ces parents cruels par maladresse (le père avoue à Lili que sa génitrice éprouvait de la répulsion pour son bébé !). C'est une éducation des non-dits, qui sont béants (Lili découvre en entrant à l'école qu'elle s'appelle en fait 'Barbara' et n'apprend qu'à l'âge de 20 ans pourquoi !) et qui bousillent les enfants.

Malgré des thématiques qui me touchent habituellement, j'ai trouvé que l'écriture très travaillée (et certes magnifique !) de Sylvie Germain relègue malheureusement l'histoire au second plan. D'ailleurs, Lili / Barbara n'est pas un personnage particulièrement attachant. Et puis, c'est quand même très triste (la mort est omniprésente dans la vie de Lili). Bref ! Il manque indéniablement un petit quelque chose pour que je sois conquise.

Rentrée littéraire 2013