le bleu est une couleur chaude

Le bleu est une couleur chaude (BD)

Julie Maroh

Glénat (mars 2010) / 156 pages / 15,50 euros

Le bleu est une couleur chaude raconte le cheminement tumultueux de Clémentine, une lycéenne qui découvre son homosexualité et qui tente d'assumer son attirance pour la troublante Emma dans un environnement très hostile (sa famille et ses amies se révèlent férocement homophobes). Dès le début, Julie Maroh place son histoire sous les auspices du drame car c'est rétrospectivement qu'Emma lit les journaux intimes de son amoureuse décédée : années lycées dans les années 90 à Lille, la rencontre, la relation amoureuse et enfin, les dernières années, où devenues trentenaires, les 2 femmes s'étaient éloignées.

Distinguée à Angoulême puis remise en avant dans les médias grâce à l'adaptation en film par Abdellatif Kechiche, je pensais savoir à quoi m'attendre avec cette BD. Or je découvre qu'il s'agit d'une histoire sur le deuil ! Une BD sur les sentiments de celle qui reste après la mort de l'aimé(e), sur la survivance de l'amour … Esthétiquement, je comprends mieux le choix du gris (qui m'avait semblé étrange quand j'avais feuilleté la BD en librairie) qui plonge l'album dans une ambiance assez pessimiste.

J'ai été bouleversée (et révoltée) par cette histoire d'amour infiniment triste et cruelle et je regrette que Julie Maroh n'en montre que les crises, les psychodrames … Pour moi, c'est l'intolérance d'Emma qui précipite la mort de Clémentine. J'ai détesté la violence avec laquelle elle met sa conjointe à la porte, ravivant le souvenir de son rejet par sa famille … Du coup, je doute de supporter les 2h45 de La Vie d'Adèle sans être dévastée par les larmes …