le-restaurant-de-l-amour-retrouve

Le restaurant de l'amour retrouvé de Ogawa Ito

Traduit du japonais (Shokudô katatsumuri) 2008

Éditions Philippe Picquier (septembre 2013) / 242 pages / 19 euros

C'est une amie qui m'a offert ce roman, lu en quelques heures comme un voyage express en Asie. C'est un best-seller au Japon qui a été adapté en film en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga. (* la BO est en japonais donc pas de risque d'être spoilé. L'ambiance est très proche de celle du livre *)

Abandonnée par son amoureux indien, Rinco doit retourner vivre chez sa mère, à la campagne, malgré leurs relations conflictuelles. C'est l'occasion pour Rinco de renouer avec son passé et avec les produits de la terre, locaux. En effet, Rinco est cuisinière et décide d'ouvrir son propre restaurant. Très rapidement, sa cuisine savoureuse acquiert la réputation de rendre les gens heureux …

J'ai adoré découvrir une cuisine japonaise exotique et gastronomique, à base de fruits, de légumes et de poissons inconnus. J'ai adoré assister à l'éclosion du restaurant de Rinco. Ça m'a rappelé un très joli roman d'Agnès Desarthes, Mangez-moi (Éditions de l'Olivier, 2006). Ogawa Ito décrit la préparation des aliments, des menus, de manière très poétique.

En revanche, j'ai moins aimé la deuxième partie du roman bourrée de raccourcis relationnels. Entre Rinco et sa mère tout s'arrange trop vite, trop simplement. D'ailleurs, Rinco est trop naïve, trop dans la retenue de ses émotions (est-ce culturel ?) : après un immense chagrin d'amour, elle va immédiatement de l'avant. Est-ce possible ? Du coup, son histoire m'a paru presque irréelle …

Le Restaurant de l'amour retrouvé me laisse donc un sentiment mitigé : c'est une belle prose poétique, charmante et dépaysante mais gâtée par l'intervention d'un secret de famille, pas essentiel (* et encore une histoire saugrenue de cochon … *).