baby-love-joyce-maynardBaby Love de Joyce Maynard

Traduit de l'anglais (États-Unis), première édition : 1981

Éditions Philippe Rey / 2013 / 301 pages / 19 euros

Encore sous le charme de Long week-end, je me suis précipitée sur Baby Love dès qu'il a été disponible à la bibliothèque. Malheureusement, j'ai beaucoup moins aimé cette lecture : autant Long week-end donnait la pêche (sic!), autant Baby Love m'est apparu relativement plombant.

Un roman choral et une chronique sociale.

Ashford, petite ville provinciale du New Hampshire, fin des années 70 (l'Amérique profonde ?). Une dizaine de personnages se croisent et interagissent. Leur point commun est l'absence, le désir ou l'arrivée d'un bébé. Ils évoluent dans un quotidien banal et déprimant où il est naturel pour une fille d'être épouse et mère à 18 ans et où les ambitions (d'avenir, d'ailleurs) sont détruites dans l’œuf. Tous fantasment sur (la vie) des voisins … La démence menace de bouleverser cet univers raisonnable et résigné.

Une vision déprimante de l'adolescence, du couple et de la maternité.

Dans Baby Love, la maternité est rarement épanouissante et les pères/les hommes sont toujours fuyants. Les jeunes filles tentent de s'occuper comme elles peuvent de leurs nouveaux-nés, les malmènent parfois. Contrairement aux autres romans de Joyce Maynard où les relations familiales sont souvent tendres, ici la question des bébés cristallise systématiquement les problèmes de couple.

Même si j'ai tourné sans déplaisir les pages de ce roman, j'ai quand même été déçue par son côté 'fouillis' et le manque de cohérence de l'ensemble. Un sentiment de malaise pointe également le bout de son nez (le calvaire de la petite Mélissa!). D'autre part, j'aurai aimé que l'auteure développe davantage les thèmes de société de son roman (la maltraitance des nouveaux-nés, l'avortement, la possibilité pour une femme d'élever seule un enfant …) passionnants dans le contexte historique dans années 70 dont il est question ici. C'est finalement cette manière de vivre des années 70 (bohème ou au contraire limité au foyer), cette ambiance générale, les références musicales aussi … qui m'ont le plus plu.