le tailleur de pierre

Le Tailleur de Pierre de Camilla Läckberg

Traduit du suédois : Stenhuggaren

Actes Sud (Babel noir) / 2009 / 593 pages / 10 euros

Ce troisième tome de la série des polars scandinaves de Camilla Läckberg est pour le moment mon préféré.

C'est l'automne à Fjällbacka et l'intrigue consiste à éclaircir le lien entre un couple malheureux des années 1920 et la noyade d'une fillette, de nos jours. Camilla Läckberg part encore une fois du postulat que les fautes des aïeux retombent inévitablement sur les jeunes générations mais sait renouveler ses thèmes. Cette fois-ci, elle évoque le handicap (et sa perception dans la société), les excès du fanatisme religieux, la pédophilie, la maternité …

Même si j'avais deviné l'identité du coupable une bonne centaine de pages avant la fin, c'est plutôt bien ficelé. Globalement, c'est également un tome plus rythmé que Le Prédicateur, sans longueurs. Si j'ai été agacée par la bêtise et l'incompétence de certains policiers (un peu redondante) je me réjouis de découvrir la nouvelle enquêtrice : boulet de plus à la cheville de Patrick ou superwoman ?

Quant à notre duo de protagonistes, Erica Falck et Patrick Hendström, ils vivent des heures difficiles : quelques mois après la naissance de leur petite Maya, Erica fait une dépression post-partum. La conséquence immédiate c'est que Le Tailleur de pierre est un roman plus pesant que les autres, loin de l'humour pétillant des tomes précédents. (et qui s'achève sur une note très inquiétante, pleine de promesses quant à la prochaine enquête).

Et j'aime toujours autant grapiller des références à l'art et à la culture suédoise, méconnue (de moi !). Par exemple, le peintre Anders Zorn (1860-1920) cité par Camilla Läckberg pour définir le physique pulpeux d'un personnage. Il peint principalement des nus et des portraits dont voici quelques exemples :

Danse de la Saint-Jean (1897)

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