la pluie

La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coe

Traduit de l'anglais (The Rain before it falls)

Gallimard / 2009

248 pages / 7,40 euros

Quel joli titre que celui-là !

Rosamond, une vieille dame qui vient de mourir, a légué à une petite-cousine par alliance, Imogen, aveugle, une série de 4 cassettes audio, accompagnées de 20 photographies. Sur ces cassettes, ce sont les vies de Beatrix et Théa (grand-mère et mère d'Imogen) que Rosamond dévoile. Du Blitz londonien de 1941 aux années 90, de l'Auvergne ensoleillée à la campagne du Shropshire en passant par des banlieues pavillonnaires canadiennes ou une roulotte en Irlande, c'est la « révélation progressive d'une histoire familiale secrète et insoupçonnée » (p. 139). Grâce à une suite de souvenirs émus, Rosamond raconte des relations mères-filles complexes et une sorte de fatalité dans la violence que des adultes peuvent exercer sur les enfants … 

Tout le roman de Jonathan Coe est construit autour de l'attente suscitée par des questions initiales : qui est Imogen ? Pourquoi est-elle aveugle ? Quel est son lien avec Rosamond ? Et progressivement, d'autres questions s'imposent au lecteur : Pourquoi le témoignage de Rosamond ressemble-t-il de plus en plus à une confession ? Et enfin, cette confession n'est-elle pas cruelle ? …

En marge de l'histoire familiale contée par Rosamond, c'est sa propre existence qui est dévoilée : dactylo homosexuelle des années 50 à 80 dans une Angleterre encore conservatrice, c'est un personnage profondément solitaire et sensible qui m'a beaucoup plu. Pourtant, je l'ai trouvé très pathétique de « s'accrocher » à une cousine monstrueuse et égoïste … Bref ! Jonathan Coe a su créer un personnage féminin ambigu et attachant, qui sonne 'juste'.

La pluie, avant qu'elle tombe est donc un beau roman, bourré de femmes vulnérables et changeantes. Un bon moment de lecture même si c'est la narratrice qui intéresse presque plus que les destins contrariés qu'elle raconte, pourtant le sujet principal du roman.

Ainsi, je suis persuadée que ce livre me sortira vite de l'esprit contrairement au seul autre Jonathan Coe que je connaisse (et qui m'a laissé une impression vraiment durable) : La Maison du sommeil.

Dans ma PAL depuis 2009, je l'inscris dans le Myself Challenge de Romanza et évidemment au Mois anglais de Lou, Titine et Cryssilda.

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