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La Fiancée américaine de Eric Dupont

Éditions du Toucan (avril 2014) / 747 pages / 25 euros

En empruntant ce pavé à la bibliothèque, je m'attendais à plonger dans un livre doudou qui accompagnerait agréablement mes fêtes de fin d'année. Malheureusement, passé les 400 premières pages, je me suis ennuyée (et achevé ma lecture par de rapides survols).

La Fiancée américaine retrace l'histoire de la famille Lamontagne, sur plusieurs générations (et plusieurs continents) de 1918 à nos jours. Il s'agit d'une famille franco-canadienne arrivée d'Allemagne au XVIIIème siècle, installée dans une petite ville souvent enneigée et joliment nommée Rivière-du-Loup. Presque chronologiquement, Éric Dupont raconte les destins rocambolesques de ses « Madeleine » et « Louis » (prénoms traditionnels chez les Lamontagne) entre hommes à la force herculéenne, employés de pompes funèbres, religieuses malicieuses et cuisinières ambitieuses.

J'ai beaucoup aimé le début : le coup de foudre réciproque de la Madeleine américaine aux yeux sarcelles (bleus) et de son cousin canadien, la naissance dans l'église, l'amitié entre la petite Madeleine et sa voisine Solange, leur fuite … portés par une ambiancecanadienne délicieusement rétro. Malheureusement, la seconde partie du roman (plus contemporaine et située en Europe) m'a laissée complètement indifférente. Je me suis ennuyée à lire l'histoire des jumeaux Gabriel, prof de sport séducteur en série et Michel, chanteur d'opéra.

C'est là où le bât blesse : la magnifique couverture annonce une fresque romanesque. Or, les personnages ne sont pas spécialement sympathiques et les situations inventées par Eric Dupont sont plutôt burlesques (*pas forcément ma tasse de thé*). En outre, j'ai trouvé que les différentes histoires manquaient de liens entre elles (tout en étant inégales).

Indéniablement, l'auteur se place (avec plus ou moins de succès) dans la lignée des fresques à la Gabriel Garcia Marquez (Cent ans de solitude) par la récurrence de ses motifs fantaisistes (la grand-mère qui ne meurt pas, la clé de fa et les yeux sarcelles qui traversent les générations …) et par la lignée étonnante de sa famille.

Pour conclure, j'ai été séduite par une partie (et par l'étonnante liberté de ton du roman que j'impute – peut-être à tord – à son appartenance à la littérature québécoise). J'ai appréciée la qualité de l'imaginaire de l'auteur. Malheureusement, j'ai été lassée par les trop nombreuses longueurs.