glacé

Glacé de Bernard Minier

Pocket (thriller) / 2012 / 729 pages / 8,40 euros

Un thriller glaçant, situé dans une vallée enneigée des Pyrénées, ça vous dit ? C'est de saison, n'est-ce pas ? Alors, il faut lire Glacé. Cette réussite est une denrée rare chez les auteurs de polars français actuels (cf ma récente déconvenue avec Franck Thilliez).

Décembre 2008, Pyrénées, vallée encaissée de Saint-Martin-de-Comminges. Martin Servaz, policier du SRPJ de Toulouse, est appelé sur la scène du crime le plus étrange de sa carrière : le cadavre d'un cheval sans tête, suspendu sur les câbles du téléphérique d'une centrale hydroélectrique, à 2000m d'altitude. Il se trouve qu'il s'agit du pur sang du PDG d'un puissant groupe industriel français. Vengeance ? Acte d'un déséquilibré ? Possible, d'autant que la clinique psychiatrique qui accueille les fous criminels les plus dangereux d'Europe est située à quelques kms seulement …

Indéniablement, Glacé est un page-turner avec des rebondissements (certes, parfois à la limite de la vraisemblance) et des scènes d'action vitaminées. Autre bon point : le contexte judiciaire et policier soigné et crédible (*en tout cas, pour une novice comme moi !*). Sans être trop stéréotypés, les personnages (principaux et secondaires) ont de l'épaisseur, on s'attache à eux. J'ai beaucoup apprécié Martin Servaz le flic presque anti-héros, son adjoint Vincent Espérendieu à la sexualité ambiguë, la gendarme Ziegler clone de Lara Croft, la sévère procureur Cathy d'Humières … Évidemment, ils ne ressemblent pas vraiment à l'image que l'on se fait de la Police et de la Gendarmerie françaises mais on a hâte de les retrouver dans le prochain polar de Bernard Minier.

J'ai été un peu moins convaincue par les passages sur la clinique des tueurs en série et la dénonciation des abus de la psychiatrie, qui mettent beaucoup trop de temps avant d'être raccrochés au reste de l'enquête. J'ai crains (*en même temps que je m'en réjouissais, cherchez l'erreur !*) un rapprochement à la Hannibal Lecter/Clarisse Sterling entre le redoutable tueur en série et la jeune psychologue oie blanche. Heureusement, Bernard Minier apporte une 'fin' satisfaisante à cette situation.

Pour conclure, Glacé est un thriller efficace. Contrairement à ce que laisse présager la 4ème de couv', le thème du tueur en série est à la marge de l'histoire principale et le roman ne verse pas dans le gore. Au contraire, le motif du/des tueur(s) est plutôt classique (tout en étant complexe !). Et l'évocation de la vie privée et sentimentale des enquêteurs n'est pas pesante mais laisse le lecteur sur sa faim (pour lui donnant envie de lire le prochain roman de Bernard Minier qui reprend les mêmes personnages).