Celle_qui_a_tous_les_dons

Celle qui a tous les dons de MR Carey

Traduit de l'anglais : The Girl With All the Gifts

Librairie de l'Atalante (La dentelle du cygne) / 2014 / 448 pages / 23 euros

(*risques de spoilers*)

Voilà un roman que j'étais toute prête à adorer mais qui s'est révélé décevant. Si la 4ème de couverture reste mystérieuse, les références à Kazuo Ishiguro et à The Walking Dead ne trompent guère : Celle qui a tous les dons est une histoire de zombies. Mais pas que.

Mélanie est une fillette vivant sur une base militaire qui ressemble à un pensionnat. Chaque jour, elle et les autres enfants de sa classe suivent les cours de Mlle Justineau, solidement sanglés à leurs fauteuils. Parfois certains enfants sont emmenés derrière la porte du Dr Caldwell et personne ne les revoit jamais. Pourquoi ces enfants ne connaissent-ils du monde que leurs cellules et une salle de classe ? De quoi leur enfermement les protège-il ? Mélanie rêve d'extérieur … jusqu'au jour où la base militaire est envahie par les « affam ». Seule issue : la fuite … mais Londres n'existe plus et la première ville est à 30km …

Le postulat du roman était original : développer le point de vue d'une personne transformée en zombie mais qui garde sa personnalité humaine. Cela permet à MR Carey de jouer sur l’ambiguïté de ses personnages (par exemple, les « méchants » sont les scientifiques qui cherchent un remède à l'épidémie à coups de scalpel).

Malheureusement, après une centaine de pages excitantes, le roman s'enlise dans ses longueurs. Il y a peu de survivants, les personnages sont stéréotypés : le soldat taciturne qui se laisse manipuler par la civile humaniste, la scientifique sans cœur et le bleusaille qui sert de faire valoir. Le cheminement de Mélanie qui découvre le monde extérieur aurait pu être passionnant mais peu de pages y sont consacrées tandis que son attachement à Mlle Justineau est maladroitement traité.

Néanmoins, le dénouement est intéressant parce qu'il montre l'avenir de la Terre dans l'après Apocalypse, où la survie de l'Humanité passe par une bien étrange alternative. Malheureusement, même cette fin m'a laissée dubitative : trop parfaitement bouclée, peut-être. On sent que MR Carey voulait soulever de nombreuses questions (éthiques, écologiques, psychologiques …) c'est plutôt raté.

Pour conclure, malgré un postulat singulier et quelques bonnes idées, cette histoire reste assez classique et (sans que je sache vraiment pourquoi), je me suis beaucoup ennuyée.