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Les orphelines d'Abbey Road (t1 : Le Diable Vert), Audren

École des Loisirs (Grand format) / 2012 / 281 pages / 14,80 pages

Joy, Margarita, Prudence, Hope, June et Ginger vivent à l'orphelinat d'Abbey Road, tenu par des religieuses. Leur quotidien est monotone et limité aux frontières du manoir et de l'abbaye. Les sœurs dispensent aux enfants une éducation stricte et déficiente, ne répondant aux questions que par des privations et des punitions. Seuls la générosité de Lady Bartropp, leur bienfaitrice, et la compréhension de Dawson le jardinier, viennent adoucir le chagrin des fillettes qui fantasment souvent sur le retour (hautement improbable) de leurs parents.

Le quotidien de Joy et ses amies est bouleversé par la découverte d'un souterrain. Malheureusement, après s'y être rendue seule, Prudence est retrouvée quasi catatonique. Que lui est-il arrivé ? Une course contre la montre est lancée pour sauver la vie de l'imprudente.

Ce premier tome possède un charme classique (et très british), intemporel mélange de Papa Longues Jambes (Jean Webster) et Les Chroniques de Narnia (CS Lewis). Le monde magique d'Alvénir ne s'y dévoile pas encore beaucoup.

Indéniablement, c'est un univers très féminin, très doux et positif qui exalte l'importance de la curiosité, de la solidarité et du courage. On est clairement dans le récit d'apprentissage centré sur Joy, la narratrice. J'ai apprécié les jeunes orphelines : naïves mais souvent très libres dans leurs propos, parfois un peu folles-dingues (Ginger-le kangourou), elles ont soif d'affection et d'émancipation. Avant de plonger dans le fantastique, l'auteur aborde des sujets sensibles tels qui la foi, la difficulté de grandir sans parents, la maltraitance, la puberté, l'amitié … 

Malheureusement, dès que le fantastique n'est plus en marge et devient réalité, j'ai décroché (vers la page 200). Je n'aime ni les animaux anthropomorphes ni les fées (souvent mièvres) et le chouette côté inquiétant disparait. En outre, l'épilogue est complètement décevant : sorte de « WTF » qui traîne en longueur.

C'est donc sur un avis mitigé que je termine ce billet : j'ai adoré l'ambiance surannée de l'orphelinat et la personnalité des jeunes filles mais l'incursion dans Alvénir ne me convainque pas. Je lirai quand même la suite pour savoir lequel des deux (l'orphelinat ou le surnaturel) sera davantage développé.