la sequestrée

La Séquestrée de Charlotte Perkins Gilman

Traduit de l'anglais (États-Unis) : The Yellow Wallpaper

Première parution : 1890

Éditions Libretto / 97 pages / 6,70 euros

La Séquestrée est une nouvelle stupéfiante autour de la condition féminine dans l'Amérique corsetée de la fin du XIXème siècle. Une postface explique que Charlotte Perkins, femme de lettres et féministe engagée, contemporaine d'Edith Wharton, s'est inspirée de sa propre expérience pour écrire.

La Séquestrée est le journal intime d'une femme mariée et jeune mère déprimée. Pour l'aider à aller mieux, son époux loue pour l'été une vieille demeure à la campagne. Mais la jeune femme se laisse « entraîner dans des rêvasseries chimériques » cristallisées par sa fascination pour le papier peint de la chambre à coucher et ses motifs mortifères. Médecin bienveillant, l'époux infantilise sa femme et empêche toute stimulation intellectuelle comme c'était l'usage pour soigner les maladies nerveuses féminines. Son attitude est ambiguë car il souhaite retrouver une épouse qui reste à sa place (la maison) et non qui s'accomplisse par elle-même et l'écriture.

Fernand Khnopff I lock my door upon myself, 1891

C'est un texte court (50 pages) mais intense où Charlotte Perkins incarne la solitude et la souffrance de la femme ainsi que l'incompréhension ambiguë de l'époux. L'écriture, les descriptions, le malaise qui s'installe … évoquent un tableau symboliste et emprunte au fantastique, au gothique (tout en étant d'un réalisme indiscutable). En outre, c'est la première fois que je lis un texte et une romancière qui s'expriment aussi librement sur la psychologie des femmes victoriennes. 

J'avais repéré ce titre chez Lilly et je vous le conseille très vivement. C'est ma quatrième lecture pour le Mois américain de Titine.