les privilèges

Les Privilèges de Jonathan Dee

Traduit de l'anglais (États-Unis) : The Privileges

Éditions 10/18 (2011) – 355 pages – 8,10 euros

Quand j'ai abandonné la lecture de Freedom de Jonathan Franzen, une amie m'a prêté Les Privilèges pour tenter de me faire changer d'avis (selon elle, se sont des auteurs qui se ressemblent). Si cette fois j'ai achevé ma lecture, force m'est de constater qu'il ne s'agit pas une littérature selon mon cœur !

Les Privilèges est la radiographie d'une société (blanche, new-yorkaise, fortunée, décomplexée) à travers l'histoire d'une famille, les Morey.

Le roman commence par le mariage grandiose et précoce d'Adam et Cynthia, sous le soleil de plomb de Pennsylvanie. D'origine modeste, ils forment un couple uni, confiant de leur valeur et dans leur avenir (qui est de conquérir la Grosse Pomme). Survient rapidement la naissance de deux enfants, April et Jonas, que Cynthia élève seule. Cynthia, qui souhaite développer leurs potentiels, oscille entre laxisme et surprotection. Parallèlement, Adam s'élève dans le monde de la finance et, grâce à des magouilles spéculatives, fait la fortune de sa famille.

Que voilà une drôle de fresque familiale !

Tout au long, j'ai attendu le faux pas (une infidélité, une prise de conscience …) qui craquellerait le vernis de ce couple modèle. Mais malgré quelques failles (une fille droguée, un fils dans le déni), les Morey restent solidaires, protégés derrière un unique credo « l'argent arrange tout ». Du coup, j'ai trouvé leur histoire d'un ennui certain (c'est si lisse !) d'autant plus que Jonathan Dee s'interdit tout jugement de valeur sur ses protagonistes. Il observe, il décortique les excès de cette société dorée mais ne laisse finalement aucune porte d'entrée au lecteur (pour ressentir de l'empathie ou au contraire pour condamner moralement …). Je suis donc restée réellement extérieure au récit …