Printemps

Printemps de Sigrid Undset

Traduit du norvégien (Vaaren)

Première parution : 1914

STOCK (La Cosmopolite) / 410 pages / 9,35 euros

Depuis longtemps, j'ai envie de découvrir cette auteure, Prix Nobel de littérature, Sigrid Undset. Printemps est un roman dense et une analyse minutieuse des sentiments d'un couple

Oslo, début du XXème siècle.

Torkild Christiansen et Rose Wegner se connaissent depuis l'enfance lorsque Torkild et sa jeune sœur, Doris, se réfugiaient dans l'appartement chaleureux des Wegner. Enfants d'un mariage raté, Torkild et Doris, ainsi que Rose Wegner, sont issus d'une classe sociale supérieure qui leur a tourné le dos. Devenus adultes, ils doivent subvenir à leurs besoins. L'économie est la règle et la solitude omniprésente. Si Torkild aime Rose, celle-ci le considère comme un frère et refuse de s'engager : « Oh, Torkild, jamais rien ne m'est arrivé ! » (p.107). Torkild souffre de cet amour non partagé. Va-t-il réussir à conquérir Rose ? Rose va-t-elle découvrir la passion, les frémissements de l'amour dont elle rêve ?

(*j'évite de spoiler, ce qui n'était malheureusement pas le cas de la – détestable – quatrième de couv'*)

Printemps est un roman psychologique qui se focalise sur les sentiments de Rose et Torkild à travers de longs monologues intérieurs ou des conversations lucides entre personnages. Ils intellectualisent tout : leurs élans, les réactions de l'autre … J'ai crains l'ennui. J'ai détecté un soupçon d'artificialité (l'auteur qui exprime ses opinions personnelles à travers la bouche de ses protagonistes). Pour autant, j'ai été touchée par cette relation qui oscille continuellement entre drame, romantisme et exhaltation.

Sigrid Undset évoque le couple, dans lequel l'engagement est une capitulation, une reddition face à la crainte de la pauvreté, de l'isolement et pour l'autre, la réalisation d'un rêve fabuleux … Certaines de ses prises de positions sont très modernes (et probablement scandaleuses pour l'époque) comme le divorce, la condition des femmes (« la mélancolie de la jeune fille, c'était la révolte de la santé même » p.39), le désir … qu'elle évoque sans tabous.

Pour autant, étonnamment, certains points feront tiquer les lecteurs du XXIème siècle : l'intégrité morale des divorcés, la réalisation des femmes qui passe par la maternité … « Je me figure qu'un jour je rencontrerai quelqu'un et qu'alors tout en moi me dira : va vers lui, fais tout ce qu'il te demande … tu es sa chose, sa propriété, comme un anneau à son doigt, qu'il peut prendre et porter ou laisser ... » (p.108).

Pour conclure, j'ai aimé le joli portrait de femme (réalisé à travers le point de vue de l'homme qui l'aime) et l'immersion dans un univers norvégien dépaysant (l'importance de la nature, les montagnes enneigées, les courses de ski, les cabanes en bois …).