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La Part des flammes de Gaëlle Nohant

Éditions France Loisirs (2014) / 559 pages

La Part des flammes est un roman dont j'attendais la sortie en poche avec impatience, avant de me rendre compte que j'en possédais déjà un exemplaire sous une autre édition !

Paris, 4 mai 1897. Un drame survient, qui défraye la chronique parce qu'il cause la mort d'une centaine de grandes bourgeoises et d'aristocrates : l'incendie du Bazar de la Charité, rue Jean-Goujon (proche des Champs-Élysées) et le mouvement de foule meurtrier qui s'ensuivit. Le Bazar de la Charité était une grande vente de bienfaisance au profit des pauvres, tenues par des religieuses et des dames, dans un hangar au décor médiéval reconstitué. « Cet événement fut un drame national, qui eut un impact sur la population comme en témoignent les commémorations qui suivirent. Comme toute catastrophe, il donna lieu à des avancées techniques et réglementaires en matière de sécurité » (conclusion de l’excellent dossier sur GALLICA).

« Comme si brûler était une propension naturelle de son sexe et peut-être y avait-il un fond de vérité là-dedans, peut-être la femme était-elle inflammable, et pas seulement parce que les mondaines se lavaient les cheveux avec du pétrole pour les rendre brillants » (p.448)

Autour de cet événement historique et de ses conséquences, Gaëlle Nohant brode quelques mois de vie d'une poignée de personnages : la Comtesse de Raezal jeune veuve hantée par son passé, Constance d'Estingel aristocrate exaltée fiancée à un fougueux journaliste, Lazlo, et enfin la duchesse d'Alençon (sœur de Sissi) et son fidèle chauffeur, Joseph. Tous sont présents lors de l'incendie et y jouent un rôle différent, permettant à Gaëlle Nohant d'évoquer toutes les facettes du drame : sacrifice, héroïsme, veulerie, folie

Si j'ai apprécié le contexte historique et la grande précision avec laquelle le drame est décrit, je suis restée plus dubitative quant aux personnages qui manquent un peu d'épaisseur. De même, par moments, j'avais l'impression de sentir l'imagination de l'auteur comme 'bridée' par la trame historique qu'elle devait respecter. Du coup, l'ensemble manque de souffle romanesque (alors que tout y est si propice !).

Bref ! Malgré tout, j'ai passé un bon moment de lecture (bien que les passages sur l'incendie soient particulièrement insoutenables).