gemma bovery

Gemma Bovery de Posy Simmonds

Traduit de l'anglais

DENOEL GRAPHIC / 110 pages / 2014 / 20,50 euros

Un boulanger normand, nommé Joubert, raconte l'histoire de ses voisins anglais, Gemma et Charlie Bovery. Il est fasciné par leur patronyme et la ressemblance entre la vie de Gemma et celle de l'héroïne de Flaubert. En effet, Gemma est une jeune femme insatisfaite de sa vie londonienne, complexée par son poids et peu épanouie dans son métier artistique. Elle vient de se faire plaquer lorsqu'elle rencontre Charlie « décontracté, nonchalant, un peu dans la lune », divorcé, père de deux enfants et restaurateur de meubles anciens. Mariés, ils décident d'émigrer en Normandie pour « le vin, la cuisine, la culture et les paysages » mais c'est rapidement le désenchantement pour Gemma qui souffre de solitude. Dès le début, nous savons que l'histoire se termine par la mort de Gemma mais un doute plane : que s'est-il réellement passé ? Quelle est la part de responsabilité de chacun dans ce drame ?

Dans l'ensemble, les personnages croqués par Posy Simmonds sont bourrés de défauts. Ce qui ne les rend pas toujours aimables au lecteur. Joubert est franchement antipathique car jaloux, frustré, voyeur et intrusif. Il parle de « [sa] tendre vigilance » envers Gemma ! Quelle hypocrisie ! Bref, un abject petit fouineur qu'il vaut mieux ne pas avoir comme voisin … Charlie est bienveillant mais mou, absent et manipulé par son ex-femme. Enfin, Gemma est complètement paumée (j'ai quand même éprouvé de la compassion pour elle).

L'auteure nous parle du désir, du couple, de la difficulté de s'acclimater dans un autre pays que le sien … Elle pointe les clichés qui existent entre les français et les touristes anglais.

Je l'attendais à aimer ce roman graphique car il m'a été chaudement recommandé et parce que j'ai adoré Tamara Drewe.

Malheureusement, l'ambiance cafardeuse et triste du roman m'a pesée. Elle est rehaussée par le choix du noir & blanc alors que je m'attendais à retrouver la tendresse pastelle de Tamara Drewe. En outre, j'ai trouvé Posy Simmonds assez sévère avec ses personnages. Pour conclure, même si j'ai apprécié la réécriture moderne de Madame Bovary et la minutie des dessins, j'ai été trop éprouvée par la tristesse de l'histoire pour l'apprécier réellement. Ce qui est d'autant plus étrange que j'aime follement le livre de Flaubert …

Lu dans le cadre du MOIS ANGLAIS de Lou et Cryssilda.

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