La tête de la reine

La tête de la reine de Edward Marston

Traduit de l'anglais (The Queen's Head)

10/18 (Grands Détectives) / 2000 / 254 pages

Ce roman policier historique situe son action entre l’exécution de Marie Stuart (en février 1587) et la menace d'une invasion par les troupes catholiques de Philippe II d'Espagne, grâce à « l'Invincible » Armada (1588). Nicholas Bracewell est le régisseur d'une troupe de comédiens professionnels, « les Hommes de Westfield ». Nicholas Bracewell est un homme au passé flou, un ancien marin de Francis Drake le célèbre corsaire, mais pondéré et bienveillant. Il est résolu à retrouver la brute qui a assassiné son meilleur ami et à le venger. Son seul indice ? Cet homme porte les stigmates d'une récente flagellation … Parallèlement à son enquête, Nicholas Bracewell organise la représentation de Gloriana triomphante, une pièce commémorant la victoire de la flotte anglaise sur l'Armada espagnole. Il lui faut gérer les rivalités entre acteurs, la conceptions des décors (qui doivent être à la hauteur d'une potentielle représentation devant Élisabeth Iere) …

Je m'attendais à une enquête policière classique (qui n'a pas vraiment lieu) et à découvrir un nouvel enquêteur passionnant, comme c'est souvent le cas dans cette collection (Monk, Wilde, sœur Fidelma …). Or Nicholas Bracewell est sympathique mais un peu fade.

C'est plutôt le cadre historique soigné qui m'a intéressée dans cette histoire. Edward Martson y décrit un Londres tapageur, grouillant de vie (presque encore moyenâgeux) : promiscuité, bruit, odeur nauséabonde … où le port possède une importance capitale et dans lequel la Tamise n'est enjambée que par un seul pont doté de commerces et d'habitations (le London bridge, p.111). Les rixes, la prostitution, les voleurs et arnaqueurs semblent côtoyer les nobles, notamment lors des représentations théâtrales.

the globe

La tête de la reine explore l'histoire du théâtre élisabéthain. Paradoxalement à la poésie et à la beauté des sentiments du théâtre de Shakespeare que l'on connaît, on découvre ici un univers très difficile et menacé.

En effet, depuis une ordonnance du Parlement de 1572, les comédiens peuvent se produire uniquement sous le patronage d'un mécène au risque d'être punis pour vagabondage. Un autre texte de 1574 interdit de jouer du théâtre dans les limites de la City, d'où la situation périphérique des salles de spectacles qui fleurissent (The Theatre, The Curtain, The Globe, The Rose, The Swan …). L'hostilité des puritains impose que les rôles féminins soient joués par des hommes et taxent le théâtre de « lieu de stupre et de débauche » (p.126), ce qui aboutit finalement à un décret du Parlement de 1642 qui ordonne la cessation de toute représentation théâtre publique. Le Globe (le théâtre de Shakespeare) sera rasé en avril 1644.

Comme c'est souvent le cas dernièrement, je suis séduite par le cadre historique et un peu moins par l'histoire (le dénouement est certes réussi mais on devine rapidement l'identité du 'méchant'). Ce roman est le premier d'une longue série et donc un tome d'introduction. Sera-t-il suffisant pour m'inciter à lire le tome 2 ? Pas sûr …

Lu dans le cadre du MOIS ANGLAIS de Lou et Cryssilda et du CHALLENGE Tudor de Shelbylee et Titine

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