Expo 58

Expo 58 de Jonathan Coe

Traduit de l'anglais (Expo 58)

GALLIMARD / 2014 / 329 pages / 22 euros

Thomas Foley est un employé moyen du ministère de l'Information dont le travail consiste à rédiger des conseils sur l'alimentation des anglais. Marié, père d'un nouveau-né, propriétaire d'un pavillon dans une banlieue sans âme, Thomas se sent frustré par l'idée d'être en marge de tout ce qui se passe d'important dans le monde d'après-guerre. C'est pourquoi, il accepte un détachement de six mois en Belgique pour superviser le pub du pavillon britannique, pendant l'exposition universelle belge de 1958. Commence pour Thomas une parenthèse cosmopolite, exotique et sexy …

D'emblée, il apparaît au lecteur que Thomas est au centre d’événements qu'il ne soupçonne naïvement pas. Jonathan Coe s'amuse à jouer avec les codes du roman d'espionnage de la guerre froide. Tout y est : mise sur écoute, photos volées, intimidation, hommes en trilbies, KGB, fausse identité … J'ai aimé osciller entre le questionnement : est-ce sérieux ? Est-ce une parodie ? On se demande également, pourquoi Thomas ? Et cette impression tenace que tout se joue sous nos yeux de lecteur … mais hors de notre sphère de compréhension.

Atomium

J'ai également aimé la reconstitution de l'exposition universelle belge de 1958 faite par Jonathan Coe. C'est une reconstitution distillée de manière discrète dans le récit mais extrêmement minutieuse. Au cœur de cette effervescence cosmopolite et éphémère, c'est une porte sur le monde qui s'ouvre à Thomas et qui permet à l'auteur d'interroger sur la liberté dans une société anglaise encore très attachée aux convenances, où la libération des mœurs n'a pas eut lieu. Que va faire son héros ? Choisir la « liberté » et rompre ses attaches sociales ou va-t-il choisir la routine de sa vie de banlieue, « sensation d'engourdissement mortel » (p.288) ?

Étonnamment, j'ai pris un énorme plaisir à lire ce roman de Jonathan Coe alors que j'avais plutôt été déçue par mes précédentes lectures de cet auteur et que les avis sur les blogs étaient plutôt mitigés. 

Lu dans le cadre du MOIS ANGLAIS de Lou et Cryssilda 

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