brooklyn

Brooklyn de Colm Toibin

Traduit de l'anglais (Irlande)

Éditions 10/18 (2016) / 331 pages / 8,10 euros

La jeune irlandaise Eilis quitte sa ville natale d'Enniscorthy, sa mère et sa sœur, pour occuper un emploi de vendeuse à New York. Naïve et seule, Eilis porte un regard craintif sur l'Amérique des années 50 et sur l'émigration (souvent subie) de milliers d'irlandais, juifs, italiens, norvégiens … Malgré tout, grâce à ses cours du soir et à une certaine rencontre, Eilis va découvrir qu'un avenir loin de son Irlande natale lui est envisageable …

Ce portrait en demi-teinte d'une jeune femme partagée entre la liberté anonyme du nouveau monde et son village où tout lui est familier est conforme à l'époque, à la condition et à l'éducation d'Eilis. C'est pourquoi, je ne me suis pas agacée de sa passivité et de son acceptation systématique d'un quotidien et de plaisirs placés sous la surveillance bienveillante de la paroisse (parfois étouffante) qui ne l'empêchent d'ailleurs pas de s'épanouir (timidement et probablement pas complètement certes).

Surtout, ce sont certains passages, décrits avec une minutie de détails qui fourmillent de vie et d'authenticité désuète qui m'ont séduite : la traversée transatlantique en 3ème classe (avec la tempête et le mal de mer d'Eilis), son mal du pays presque physique, le Noël à la salle paroissiale pour les indigents irlandais, le bal du vendredi soir (à la salle paroissiale), les bains de mer …

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Bien que (encore une fois) la quatrième de couv' en dévoile trop sur l'histoire et que cela gâche un peu la surprise du lecteur, j'ai aimé cette histoire simple et le beau talent de conteur de Colm Toibin. J'ai maintenant envie de lire Nora Webster dont il est d'ailleurs fait mention dans Brooklyn.