HP8Harry Potter et l'Enfant maudit J.K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

Traduit de l'anglais par Jean-François Ménard (HP and the Cursed Child)

GALLIMARD / octobre 2016 / 340 pages / 21 euros

(*forcément quelques spoilers dans mon billet, mais peu*)

22 ans après la fin d'Harry Potter et les reliques de la mort, on retrouve Harry, Hermione, Ron, Ginny et Malefoy qui sont devenus des quadras débordés par leurs boulots respectifs et par l'éducation de leurs adolescents. En effet, Albus, le cadet des Potter, et Scorpius Malefoy sont des enfants qui pâtissent de la réputation de leurs parents et qui, contre toute attente, deviennent amis. Malheureusement, de nouveaux signes d'activités des forces du Mal sont observés … Et évidemment, Albus et Scorpius vont tenter d'y remédier en jouant avec le temps. Et les auteurs de jouer avec les "et si ?" : "que se serait-il passé si ... ?"

Passée l'étrangeté de lire HP sous forme de dialogues, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que l'action et les rebondissement ne manquent pas. J'ai même fini ma lecture avec une impression de « trop » : trop vite, trop de voyages dans le temps, trop de personnages … au détriment de moment de calme et de communication. Un comble pour une pièce de théâtre. En revanche, je comprends mieux pourquoi l'adaptation dure 5 heures !

Quant à l'histoire, je ne sais toujours pas quoi en penser.

J'ai trouvé peu crédible que Harry, avec son passé d'orphelin maltraité, soit un père aussi navrant. Il va jusqu'à avouer à Albus « qu'il y a des moments où j'aimerais mieux que tu ne sois pas mon fils » (p.52) … Cette relation conflictuelle, pour moi c'est un cocktail d'incrédulité, de tristesse et de 'pas envie de lire ça'. Pour les autres (Ron, Ginny, Herm, Draco, Minerva …) ils m'ont semblé de simples caricatures des enfants/adultes qu'ils étaient déjà.

En revanche, l'amitié entre les jeunes Albus et Scorpius est mignonne (malgré les sous-entendus homoérotiques de cette relation que apparemment, je suis la seule à percevoir, et qui me semblent surtout faits pour séduire un certain public adeptes de fanfiction – dont je fais parfois partie). Le Potter Serpentard et le Malefoy attachant, ça me plaît. Malheureusement, cette amitié n'est pas réellement exploitée (4 ans de Poudlard en 3 scènes !).

Enfin, l'intrigue (et l'identité du/des méchants) est aussi fine qu'une feuille de papier bible et je pense que tout lecteur aguerri devinera le dénouement largement avant la fin de la pièce … Etrangement aussi, la magie (celle des sorciers) est peu présente dans cette histoire - en dehors de gadgets magiques comme le Retrouneur de temps. Clairement, l'accent est mis sur la relation entre Potter / Malefoy et leurs fistons. Des relations de pères à leurs progénitures complexes, parfois troubles mais (heureusement) aimantes.

Il m'a fallu une journée de vacances pour dévorer cette pseudo-suite. Si je n'ai pas été déçue, c'est parce que je n'en attendais rien. Et malgré tout, j'ai trouvé ça plutôt mauvais … à lire. Mais j'adorerais la voir sur scène.

A year in England 2