la-maison-des-mortsLa Maison des morts de Sarah Pinborough

Traduit de l’anglais : The Death House

Milady (2016) / 384 pages / 16,90 euros

La Maison des morts est un plaisir totalement inattendu, caché sous une couverture tape-à-l’oeil, gothico-brillante.

Dans un manoir lugubre, reconverti en pensionnat-hôpital, une poignée d’adolescents vivent reclus. Ils ont été arrachés à leurs familles car « porteurs actifs du gène Déficient ». Ils se savent condamnés et aux premiers symptômes de maladie, ils disparaissent dans le sanatorium dont personne ne ressort jamais. Le personnel du pensionnat, infirmières et professeurs font régner l’individualisme et la vacuité parmi les enfants qui passent leurs journées abasourdis par des somnifères. Heureusement, dans le dortoir 4, Toby le râleur, Ashley le fou de Dieu, Will l’enfant et Louis le surdoué se serrent les coudes. Leur quotidien est transformé par l’arrivée de nouveaux pensionnaires dont la rebelle Clara.

La Maison des Morts est un roman à la croisée de différents genres littéraires, qu’il faut découvrir par soi-même.

On peut être surpris (voire déçu) du parti pris de l’auteur, Sarah Pinborough, de situer son histoire dans un quasi huit-clos plutôt intemporel et de n’apporter aucune réponse aux questions que les lecteurs (et les enfants malades) se posent. Au lieu de cela, l’histoire se focalise sur les relations entre les jeunes pensionnaires. Evidemment les thèmes de l’amitié, de la rivalité et d’un amour impossible ne sont pas particulièrement originaux mais n’en restent pas moins joliment traités ici.

En outre, dans le microcosme du manoir se tissent des liens et se vivent des situations exacerbés par le drame. Les enfants sont des vivants en sursis mais leur mort n’est pas une fatalité quand ils décident de choisir comment vivre. J’ai trouvé cette réflexion autour de la mort ni moralisatrice, ni pathétique, assez intéressante.

Rarement un livre YA m’aura évoqué autant d’autres titres et tous assez dissemblables : Celle qui a tous les dons de M.R. Carey et Nos étoiles contraires (cités pour la quatrième de couv’) mais aussi la trilogie Meto de Yves Grevet ou Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro.

Pour conclure, La Maison des morts est un roman simple et mystérieux pour se faire peur, pour pleurer, pour vivre des émotions fortes … Et il serait vraiment dommage de passer à côté juste parce qu’il s’agit d’un livre estampillé « Young Adlut ».

A year in England 2