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Le Grand livre de Connie Willis

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Doomsday Book

(Première publication en 1992)

J’ai Lu / réédition de janvier 2017 / 700 pages / 9 euros

En 2055, les historiens d’Oxford étudient le passé grâce aux voyages dans le temps. Le rêve de la jeune Kivrin Engle est de visiter le Moyen-âge, « une époque ravagée par les écrouelles et la peste, une période de l’Histoire où Jeanne d’Arc a péri sur le bûcher » (p.16). Malgré la dangerosité du projet et en dépit des avertissements du professeur Dunworthy, lui-même responsable du XXème siècle, Kivrin est envoyée en 1320. Elle y est recueille par une famille de nobliaux en exil. D’abord estomaquée par le manque d’hygiène et la malnutrition, Kivrin va bientôt s’attacher à l’espiègle Agnes et son ainée Rosemonde, au charismatique père Roche … Parallèlement, à notre époque, Oxford et son campus sont mis en quarantaine à cause d’une grippe inconnue.

J’attendais de lire ce premier opus du « Cycle temporel » de Connie Willis depuis longtemps (en fait, depuis ma lecture de Black-Out et de All-Clear).

« Le Moyen-âge est la fosse à purin de l’Histoire » (dixit Dunworthy, p.53)

Pour apprécier ce roman, il ne faut surtout pas s’agacer de cette assertion outrancière (voire méprisante) du professeur Dunworthy ni du fait que Connie Willis dessine un Moyen-âge très sombre, voire anxiogène.

C’est en ethnologue que Kivrin fouille le Moyen-âge. Elle n’y verra aucune cathédrale ou autre magnifique manifestation d’une époque pas si ténébreuse que ça. C’est la sphère familiale, intime, qui intéresse Kivrin/Connie Willis, la vie quotidienne des habitants du XIVème, leurs croyances, leurs sentiments face à la mort omniprésente …

Si j’ai apprécié cette reconstitution historique très dense (bien qu’on apprenne moins de choses que dans Black-Out ou All-Clear), j’ai toutefois été heurtée par certains passages, assez insoutenables et dramatiques. L’ombre mortifère de la peste noire plane sur le récit, exacerbant la tension provoquée par la désorientation spatio-temporelle de Kivrin ou la désorganisation sociale provoquée par l’épidémie de grippe.

Heureusement, les chapitres se déroulant en 2055, apportent un brin de légèreté et de rythme (de frénésie ?) par rapport à ceux concernant Kivrin, plutôt lents.

En effet, on y retrouve James Dunworthy qui tente de secourir son historienne mais qui doit gérer une quarantaine, des carillonneuses américaines, Noël et surtout, le petit-neveu d’une collègue nommé Colin … J’ai adoré cette première apparition de Colin, un gosse de 12 ans débrouillard et intrépide qui ponctue ses phrases par « apocalyptique » et « nécrotique » !! Je trouve que Connie Willis a décidément le ‘truc’ pour créer des personnages d’enfants attachants.

Pour conclure, même si Black-Out et All-Clear n’auront pas été égalés dans mon coeur, j’ai adoré en découvrir davantage sur Oxford et sur certains personnages présents dans les autres livres (Dunworthy, Colin, Badri Chaudhuri …). J’ai aussi été happée par les péripéties médiévales de Kivrin. Bref ! J’aime Connie Willis !

Black-Out

All-Clear