entre chiens et loups

Entre chiens et loups (adapté du roman best-seller de Malorie Blackman)

John Aggs (dessinateur) / Ian Edginton (scénario)

MILAN (BD Kids) / novembre 2016 / 220 pages / 18,90 euros

Perséphone et Callum vivent dans une société inspirée de l’Apartheid sud-africain, mais inversé : les « primas » noirs de peau dirigent et les « nihils » les blancs, les servent. Perséphone est une prima, fille d’un ministre influent et Callum est un nihil, fils d’une domestique. Ils sont amis depuis l’enfance mais cette relation sera remise en cause à leur entrée au lycée, où Callum est accepté malgré sa couleur de peau. Perséphone et Callum vont, à leurs dépends, découvrir que l’amour entre nihil et prima est impossible et que le monde des adultes est injuste et cruel.

Comme c’était le cas pour le roman de Malorie Blackman, cette bande-dessinée est terriblement sombre et triste. Les personnages s’y embourbent dans des situations de plus en plus désespérées.

Ces 200 pages en noir et blanc évoquent successivement la ségrégation et le racisme, le suicide, les attentats et le terrorisme, l’alcoolisme et enfin la peine de mort. C’est beaucoup pour un seul volume dont la narration est parfois trop rapide (on peine à comprendre le revirement de certains personnages notamment lorsque que Callum rejoint la milice). En outre (c’était déjà le cas dans le roman), l’ensemble manque de nuance et verse dans la facilité et les extrêmes.

Pourquoi en parler ? Parce que malgré tout, c’est une histoire qui se lit d’une traite, prenante, une histoire d’amour complexe, aux dessins bouillonnants de vie (bien que parfois maladroits). Certains voient dans la fin une lueur d’espoir, moi pas.