portrait inachevé

Portrait inachevé de Agatha Christie

Publié en 1934 sous le pseudonyme de Mary Westmacott

Traduit de l’anglais : Unfinished portrait

Le Livre de poche / 2016 / 318 pages / 6,60 euros

Un homme sauve une femme. Le temps d’une nuit, cette inconnue lui confie son histoire. Et l’homme en dresse un « portrait inachevé » depuis l’enfance jusqu’à l’approche de la quarantaine.

C’est sa propre autobiographie qu’Agatha Christie trace (au milieu d’autres éléments fictifs) : l’enfance choyée, la mort précoce du père, la jolie relation avec sa mère, les débuts d’écrivain, son amour fou pour un homme, la maternité, la dépression et l’envie de disparaître …

Certains diront que la vie de cette jeune femme de la classe moyenne anglaise du début du XXème siècle manque d’originalité.

Personnellement, j’y ai goûté le rythme volontairement mélancolique et la personnalité de Celia. C’est une femme-enfant sensible, vive et débordante d’imagination qui souffre de la condition des femmes dans une société encore très traditionnelle. C’est une personne profondément déçue (et empêchée de vivre) par l’emprise que les hommes (les époux) possèdent sur les femmes. Enfin c’est une femme étonnamment moderne à laquelle il est très facile de s’identifier, malgré le siècle d’écart qui nous sépare.

A défaut de meurtre, Portrait Inachevé est une enquête psychologique très fine : pourquoi Celia a-t-elle tentée de se tuer ? Qu’est-ce qui l’a conduit sur cette île paradisiaque pour mettre fin à ses jours ?