moi simonMoi, Simon, 16 ans, Homo sapiens de Becky Albertalli

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) : Simon VS. The Homo Sapiens Agenda

Le livre de poche jeunesse (avril 2017) / 313 pages / 6,90 euros

Simon et « Blue » correspondent depuis plusieurs mois sur internet. S’ils échangent des confidences sur leur homosexualité et les tendres sentiments qui naissent entre eux, ils ignorent complètement l’identité de l’autre.

Comme Simon et Blue évoluent dans un milieu progressiste de la banlieue d’Atlanta et qu’ils sont bien intégrés dans leur lycée, l’homophobie n’est pas le thème du roman et c’est déjà un excellent point.

Becky Albertalli focalise son roman sur le coming-out de Simon et Blue. Or les garçons appréhendent, non le rejet parental, mais la peur du changement de regard de leurs proches. Simon est ultra conscient du caractère irréversible de sa démarche : même s’il sait que son orientation sexuelle sera respectée par ses parents et ses amis, il y aura un ‘avant’ et un ‘après’. C’est la difficulté d’une démarche par laquelle on devient différent d’avant ET différent de la norme qui est au coeur de l’histoire.

Malgré certaines réflexions sérieuses, le ton est léger et le rythme vient de l'alternance des mails avec les chapitres sur la vie quotidienne de Simon. Les poncifs des romans lycéens ainsi qu’une certaine niaiserie dans la romance gay ne sont certes pas absents. Cependant, celle-ci a le mérite d'évoquer clairement le désir et la sexualité de Simon et Blue.

Pour conclure, c’est un roman adorable et drôle qui prend soin de bousculer (un peu) les stéréotypes (mais sans les approfondir). Et surtout, on s’amuse à essayer de deviner l’identité du mystérieux Blue …