marina

Marina de Carlos Ruiz Zafon

Traduit de l'espagnol (Marina)

Pocket (2011) / 283 pages / 6,70 euros

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Après une longue escale en Grande Bretagne, le challenge Halloween de LOU et HILDE m'emmène en Espagne, terre de Carlos Ruiz Zafon et ses cimetières secrets, maisons en ruines, apparitions spectrales et autres humanoïdes sanguinaires nauséabonds … Bref ! Marina est un véritable conte morbide et effrayant à l'ambiance dérangeante, profondément triste et poétique. Mais à l'esthétisme baroque magnifique.

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Encore une fois (me suis-je dis en début de lecture), Zafon nous fait le coup de l'adolescent rêveur (l'auteur lui-même ?) entrainé dans des aventures pleines de fantasmagorie après sa rencontre avec une jolie fille délurée qui 'ouvre les yeux' du garçon sur la vie hors de son pensionnat. D'ailleurs, en fin de volume, Zafon explique qu'il a « essayé d'écrire le genre de livre qu'il aimait lire dans [ses] années d'adolescence, mais aussi un livre qui puisse continuer à l'intéresser quel que soit son âge, 23, 40 ou 83 ans » (page 283). Et ça marche !

J'ai beaucoup aimé cette histoire qui fait revivre le Barcelone (imaginé ? Fantasmé par Zafon ?) des années 80 où le décalage d'époque est troublant : maisons décrépites, dépourvues d'électricité, édifices en ruine au cœur de la grande ville … comme cadre d'une histoire d'amour et de mort qui date de 30 ans. Oscar et l'énigmatique Marina, vont enquêter sur cette histoire d'outre tombe, déterrer des secrets d'hommes qui jouent avec les lois de la Nature … Il serait dommage d'en dire plus.

Le personne d'Oscar est attachant. C'est un jeune garçon très solitaire (il passe Noël au pensionnat, sans qu'il soit fait mention de ses parents) et qui se cherche une famille de substitution avec Marina et son père, Germàn. Malheureusement, la maladie guette et l'on sent dès la début que son bonheur sera avorté. Mais cette expérience est constructive de l'homme qu'il deviendra. Carlos Ruiz Zafon fait toujours preuve de philosophie.