Le Livre des choses perdues

Le Livre des choses perdues de John Connolly

Traduit de l'anglais (Irlande)

J'ai lu / 2009 / 380 pages / 7,60 euros

C'est sur un avis mitigé que j'achève ma lecture du Livre des choses perdues. Cette réécriture des contes de fées traditionnels regorge certes de bonnes idées, possède une atmosphère profondément malsaine inimitable mais c'est le manque d'originalité qui a supplanté le reste … d'où ma déception qui est aussi probablement largement liée aux avis dithyrambiques dont ce roman a bénéficié !

« Il était une fois – car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un petit garçon qui avait perdu sa mère » (p. 11). Ce petit garçon s'engage dans une quête initiatique sur les traces de sa mère en pénétrant dans un monde parallèle. Le coup du passage derrière le miroir rappelle inévitablement nombre d'œuvres jeunesses britanniques : Alice au pays des merveilles mais aussi Le monde de Narnia de CS Lewis, Le Jardin Secret de Frances Hodgson Burnett … Craintif et débordant de chagrin, David progresse sur la voie de l'âge adulte en effectuant une série d'épreuves (symboliques) où il démontre son courage et dépasse son déni de la perte maternelle … avant de se réveiller dans le monde réel après plusieurs mois de coma. Et de s'excuser auprès de sa belle-mère d'avoir été odieux et jaloux de sa relation avec son père. Cauchemar ? Réel ? Au lecteur de se faire son opinion. 100 % classique donc. Sans vouloir apparaître désabusée, je me suis un peu ennuyée.

MAIS ! Parce qu'il y a un MAIS … Le point fort du Livre des choses perdues repose dans son atmosphère. Sombre, violente (les morts pleuvent autour de David !), véritablement malsaine par moment, l'histoire est sans concessions, certains personnages particulièrement vicieux. Dans le désordre, me restent en mémoire (et me resteront en mémoire pour longtemps, je pense !) : une Blanche Neige obèse et tyrannique, l'union du Petit Chaperon rouge avec un loup dont elle abuse !, l'antre de l'Homme Biscornu semblable à celui d'un tueur en série, la chasseresse qui mutile des enfants pour créer des êtres hybrides afin d'avoir davantage de plaisir à les poursuivre … Franchement, je ne lirais plus jamais ces contes avec le même œil ! C'en est génial de cruauté d'autant plus que John Connolly s'amuse aussi à tordre le cou des clichés inhérents au genre. Par exemple, j'ai apprécié que le chevalier Roland soit à la recherche de son amoureux plutôt que d'une belle princesse.

Ceci est ma troisième contribution au MOIS IRLANDAIS organisé par Cryssilda.

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