homesmanHomesman de Glendon Swarthout

Traduit de l'américain (The Homesman)

Gallmeister / 2014 / 280 pages / 23,10 euros

Homesman est une histoire inattendue, entre western et romance décalée. Le cadre, les Grandes Plaines américaines du milieux du XIXème siècle, est complètement dépaysant. Et pour une fois, j'ai envie de voir le film adapté d'un livre que j'ai aimé … (le fait que Hillary Swank joue dedans n'est certes pas anodin !)

Le « homesman » c'est le « rapatrieur », c'est-à-dire une personne qui, à l'issue des hivers rudes, doit reconduire dans le monde civilisé des femmes de pionniers qui ont perdu la raison. Devenues des poids pour leurs familles et des modèles négatifs pour les nouveaux venus, il faut s'en débarrasser. Comme les hommes sont souvent lâches, c'est une ex-institutrice devenue fermière, Mary Bee Cuddy, qui se désigne pour conduire Gro, Belle, Theoline et Edda dans l'est. C'est un parcours périlleux de plusieurs semaines pour lequel elle est secondée par Briggs, un voleur de concessions grincheux, dont Mary Bee a sauvé la vie.

Contre toute attente, il n'y a pas beaucoup d'action dans ce roman. Tout le sel de l'histoire est concentrée autour des différents personnages et leurs échanges. J'ai apprécié la relation entre Mary Bee et Briggs qui ne cessent de se chamailler mais s'améliorent mutuellement. Et même si les 4 femmes 'folles' restent muettes, elles sont des présences très fortes du livre et leurs histoires (les raisons qui expliquent leur folie) sont particulièrement émouvantes. Enfin, j'ai apprécié que l'auteur ne choisisse pas la facilité pour clore son histoire.

Homesman est également un témoignage édifiant sur les pionniers américains qui tentent de prospérer (ou parfois simplement de survivre) à partir de rien, dans des conditions extrêmes et une immense solitude. Si les femmes semblent plus libres que dans les villes, elles sont également plus vulnérables et doivent faire face à des situations dramatiques : accouchements, maladies, attaques de loups … « Quel endroit infernal pour grandir quand on est une fille » (p. 167)

Pour conclure, c'est un roman très sobre, dans la retenue, et dont la fin n'est pas du tout attendue. Et hop ! Une lecture de plus à inscrire au mois américain de Titine.

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