la déesse des petites victoires

La Déesse des petites victoires de Yannick Grannec

POCKET (2014) / 540 pages / 8,10 euros

Dans La Déesse des petites victoires, Yannick Grannec raconte (de façon romancée mais documentée) l'histoire de Adèle et Kurt Gödel.

Vienne, 1928. Adèle, danseuse et Kurt, mathématicien surdoué, se rencontrent et tombent amoureux. Ensemble, ils devront affronter de nombreux maux et un destin troublé : la famille de Kurt refuse l'union avec une prolétaire, les problèmes psychologiques de Kurt, la guerre, la fuite aux États-Unis en 1940, le Maccarthysme, la déliquescence de la vieillesse … Cette histoire, c'est Adèle âgée qui la confie à une jeune documentaliste de Princeton, Anna.

Je m'attendais à aimer cette histoire et puis, non !, je me suis ennuyée. L'histoire d'amour manque d’élan du cœur et de sentiments. Certes, c'est Adèle qui raconte mais Kurt est complètement absent de leur romance (que pense-t-il ?, que ressent-il ?). Les rares dialogues entre eux sont emberlificotés de théories mathématiques.

Adele et Kurt Godel

J'ai trouvé les personnages superficiels, comme s'ils jouaient leurs rôles dans la limite des caractères définis par l'auteure. En plus, ils sont horripilants : Kurt Gödel est inadapté social, instable psychologiquement et surtout égoïste ; Adèle sacrifie sa vie pour lui. Concernant Adèle âgée, son hygiène est douteuse et elle est acariâtre. Anne, verse continuellement dans l'auto-apitoiement.

Enfin, les passages sur les sciences sont un peu longuets (mais l'effort de vulgarisation de l'auteure est louable) et l'ensemble est assez plat (je n'ai ressenti ni peur, ni amusement, ni empathie … pour ce couple hors-normes).

Bref ! La Déesse des petites victoires n'était clairement pas un livre pour moi. Heureusement d'autres lecteurs y ont été sensibles et Yannick Grannec a reçu le Prix des Libraires. Pour ma part, j'ai été plus touchée par le destin d'Alan Turing (autre mathématicien sacrément tourmenté), découvert dans le film éponyme.