le petit chose

Le Petit Chose. Histoire d’un enfant de Alphonse Daudet

Première parution : 1868

Le livre de Poche / 348 pages

Vous souvenez-vous des BD adaptées de romans classiques qu’on trouvait à la fin des « Je Bouquine » quand on était gosse ? Je garde de certaines de ces pages un souvenir très vif et c’est pour cette raison que j’ai eu envie de me plonger dans Le Petit Chose, tant d’années après.

Le Petit Chose c’est une sorte d’autobiographie (très) romancée de l'écrivain Alphonse Daudet lui-même (1840-1897). C’est aussi le récit initiatique (et finalement amer) d’un tout jeune homme naïf et désargenté qui rêve de reconstruire son foyer comme au temps perdu de son enfance.

Il retrace l'histoire de la famille Eyssette qui, à la suite de problèmes financiers, doit quitter le Midi ensoleillé pour les brumes lyonnaises. Daniel, le plus jeune et chétif fils de ces manufacturiers pauvres, est le « petit chose ». A peine sortie de l’enfance, il devient surveillant d’étude dans un collège pour garçons de Sarlande. Plus tard, il rejoint son frère Jacques à Paris (« ma mère Jacques » tout en dévouement). Daniel tente de publier ses vers mais subit l'influence néfaste d’une courtisane, Irma Borel. Le Petit Chose tombera-t-il dans la misère et la décadence ou sera-t-il sauvé ?

Le Petit Chose est un récit volontairement pathétique, fait pour susciter l’émotion et l’empathie des lecteurs. Je craignais d’être lassée par cet aspect mais finalement, j’ai apprécié ma lecture.

Daudet écrit un récit très vivant, bourré de motifs récurrents qui restent longtemps en tête (le « frinc ! Frinc ! Frinc ! » des clés de M. Viot ou le chant de Coucou-blanc « tolocototignan »). Il glisse aussi quelques éléments énigmatiques (la dualité entre les yeux noirs/Camille) et une palette de personnages qui évoquent diverses facettes de la société française des années 1840-1850 : la communauté scolaire, la petite bourgeoise commerciale, la vie de bohème des artistes du Quartier latin …

Pour conclure, Daudet est un excellent conteur et cette ‘autofiction’ est une lecture facile bien que triste et qui n’est pas sans évoquer Dickens …