la chute des géants 2La Chute des géants. Le Siècle 1 de Ken Follett

Le Livre de poche (janvier 2012) / 1047 pages / 11 euros

La Chute des Géant est une chronique du monde occidental, des prémisses de la Première Guerre mondiale au milieu des années 20. On y suit le quotidien et les amours d'une dizaine de personnages aux nationalités et aux classes sociales diverses, permettant à Ken Follett d'aborder TOUS les aspects de cette page de l'histoire. Il y a (mes préférés) Ethel et Billy Williams, enfants de mineurs gallois. Ethel est une activiste ambitieuse et son jeune frère, Billy est d'emblée présenté comme un être d'exception qui s'illustre lors d'un coup de grisou puis sur les champs de bataille. Il y a les aristocrates anglais : l'arrogant comte Fitzherbert et son élégante sœur Maud, suffragette éprise d'un (ennemi) allemand, le beau Walter Von Ulrich dont le père est un proche du Kaiser. Du côté des États-Unis, on découvre le dégingandé Gus Dewar, d'abord gratte papier du président puis soldat (j'ai apprécié ce personnage). Enfin, on découvre une famille pauvre russe (ceux qui m'ont le moins intéressée), celle des frères Lev et Grigori Pechkov. Bien que Lev soit un homme égoïste, coureur de jupons pathologique et arnaqueur professionnel, le personnage est amusant. En revanche, Grigori est un moralisateur agaçant, soldat et meneur des révolutionnaires russes.

J'ai trouvé ces personnages assez stéréotypés : les femmes (Ethel, Maud …) bien qu'elles rêvent de s'affranchir des conventions héritées de l'époque victorienne, n'en restent pas moins déterminées à se marier … Les hommes, même les plus pacifiques, se révèlent tous exemplaires dans les tranchées … Du coup, je ne m'y suis pas vraiment attachée d'autant plus que la structure même du roman (bien qu'ils se croisent souvent – même sur les champs de bataille ! - l'histoire des personnages est morcelée) a provoqué chez moi un sentiment de frustration : l'auteur coupe TOUJOURS ses chapitres au moment le PLUS intéressant !

Bref, j'ai passé de bons moments de lecture notamment avec les romances & les histoires personnelles (passionnelles) de ces jeunes gens mais je n'ai pas été emportée par le souffle épique auquel je m'attendais. La place prépondérante laissée aux réflexions diplomatiques des différents gouvernements m'a semblé assez didactique, un peu longue par moment (j'avoue avoir survolé de nombreux passages de ce type). Le récit historique n'est pas dénué de presciences, procédé facile avec le recul dont bénéficie l'auteur (par exemple lorsqu'il prévoit que « Lénine sera un jour l'un des pires tyrans que le monde ait jamais connus » (page 867).

La Chute des géants est le 1er tome d'une trilogie : je ne suis pas sûre de me précipiter sur la suite, je crois plutôt que j'attendrais l'avis d'autres lecteurs ! En revanche, le contexte historique de la Première Guerre mondiale m'a donné envie de reprendre la lecture d'un autre pavé que j'avais abandonné il y a quelques années : Les Thibault de Roger Martin du Gard.