la vie rêvée de virginia fly

La Vie rêvée de Virginia Fly de Angela Huth

Traduit de l’anglais (Virginia Fly is Drowning)

Editions La Table ronde (Quai Voltaire) / février 2017

300 pages / 21 euros

Virginia Fly, institutrice trentenaire, vit une existence sans fantaisie auprès de parents bienveillants mais étouffants. Sa vie sociale se résume à une correspondance avec un américain qu’elle n’a jamais rencontré et quelques sorties culturelles avec ‘le professeur’. Virginia est une cérébrale qui analyse sa virginité tardive avec lucidité. Lassée d’attendre un quelconque bouleversement, elle va tenter de saisir les opportunités qui s’offrent à elle de combler ses attentes …

Pour moi Virgina Fly est une énigme et une lecture complètement inattendue, sorte de roman d’initiation amoureuse et sexuelle.

Virginia pose un regard d’une étonnante acuité sur elle-même, son entourage et sa banlieue moyenne du Surrey. Pourtant, elle est naïve et passive en ce qui concerne sa vie amoureuse. Son principal souci étant, d’après moi, sa confusion entre sexualité et amour (qu’elle semble également confondre avec le mariage) que malheureusement pour elle, elle va découvrir en expérimentant.

Virginia rêve d’être « séduite » par un homme et fantasme une sorte de rapt amoureux plus ou moins consenti. Pour elle être « séduite » c’est avoir une relation sexuelle. Etrange vision de la part d’une amoureuse des livres d’autant plus, qu’évidemment, elle attire à Virginia de terribles mésaventures … Et inutile de dire que cette occurrence de « séduire » ne me plait pas. Pour moi, être « séduit » c’est découvrir une personnalité qui me donnera envie de me livrer à elle, c’est devenir sensible à son humour, à ses sentiments et à ses prises de position … Peut-être suis-je trop romantique ? Mais de romantisme, il n’y a pas dans ce roman dans lequel Virginia/Angela Huth décortique chacun de ses sentiments.

J’avoue ne pas savoir que penser de ce roman qui se veut malicieux (et qui l’est à certains égards) mais qui est également triste et désenchanté. Cette falote Virginia Fly a provoqué ma pitié par sa solitude et par ses choix, pas toujours judicieux, malgré l’humour acerbe qu’elle utilise pour dédramatiser ses déconvenues amoureuses.

Cette œuvre de jeunesse, un peu datée, (initialement publiée en 1972) n’a ni la densité ni la maturité des autres romans de Angela Huth (que j’adore) bien qu’on y découvre déjà une belle plume et une capacité à explorer la violence intime du quotidien.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment apprécié ce roman, ce qui est dommage car c’était la première fois que j’acceptais un exemplaire presse (« La Table ronde » étant une prestigieuse maison d’édition dont les titres me tentent toujours beaucoup).

A year in England 2