coeurs en travers

Cœurs en travers de Jeff Bartsch

Traduit de l'anglais (États-Unis) : Two Across

Anne Carrière éditions (2016) / 333 pages / 21 euros

Washington, 1960. Vera et Stanley se rencontrent lors de la finale nationale d'un concours d'orthographe. Intellectuellement précoces, élevés par des mamans-solos qui placent en eux d'immenses espérances (sénateur, mathématicienne !), Vera et Stanley se ressemblent. C'est pourquoi, quand Stanley invente un plan complètement farfelu pour débuter dans la vie sans passer par la case 'Harvard' qui l'ennuie, Vera – amoureuse du jeune homme – accepte. Stanley et Vera se marient donc 'pour de faux' (et pour les cadeaux). Mais les conséquences de cette mystification aura des répercussions inattendues sur leurs jeunes existences.

Entre romance et roman d'apprentissage, Cœurs en travers raconte les errances de deux tout jeunes adultes qui vont s'aimer, se perdre, se retrouver, se reperdre … et finalement grandir. Je m'attendais à un Théorème du homard bis et finalement, c'est plutôt du côté de Un jour, que l'inspiration de l'auteur se porte.

De la romance, Jeff Bartsch garde le meilleur : de l'humour, pas (trop) de mièvrerie, une écriture ciselée, une relative richesse de l'intrigue (même si elle piétine un peu au démarrage) et un contexte historique audacieux. Ses années 60 sont délicieusement désuètes même s'il n'en dénonce pas moins la lutte quotidienne des femmes pour s'imposer comme les égales des hommes (sur le monde du travail et de l'Université). J'ai également beaucoup aimé l'idée que Vera et Stanley communiquent par grilles de mots-croisés. J'ai d'ailleurs appris que devenir verbicruciste demande une réelle créativité.

Cœurs en travers est un joli roman, un peu fou-dingue (Jeff Bartsch parle à notre âme d'enfant) avec lequel j'ai passé un excellent moment et que j’offrirai volontiers à mes amis ainsi qu'à ma mère (*en général, c'est un signe*).